Calames

23 AV 12 1 Témoignage d'un ancien contremaître et chef de corporation de la Société des Ateliers Terrin (SAT) à Marseille et des Ateliers et Chantiers de Marseille Provence, en poste de 1942 à 1982, a propos de sa carrière professionnelle et de l'évolution de l'entreprise Terrin

Date : 2015-10-13
Description physique : 2h 25min.
Description : L'informateur est né le 2 mars 1927 à Nice. Il quitte l'école en 1942 à 15 ans, et, la même année, est embauché au 40 Boulevard de Dunkerque à la SAT, Société des Ateliers Terrin, afin de travailler à bord des navires (1 min). Il y exercera durant 40 ans. Il commence en tant que chauffeur de rivets, premier poste qu'occupent les jeunes qui rentrent dans la réparation navale. Il a fait ce métier pendant 4/5 ans et raconte qu'il travaillait alors avec des outils rudimentaires (3 min). Il explique ce qu'est un rivet et raconte comment il a assisté à sa disparition progressive en 1952, chose qui a considérablement réduit la nuisance sonore (10 min). Il parle ensuite de son métier de chalumiste, poste occupé pendant une dizaine d'années (13 min) et énumère les différents grades d'ouvrier. Il a commencé en tant qu'ouvrier spécialisé et une fois chalumiste, il est passé ouvrier professionnel. Il décrit la hiérarchie des postes et parle des nombreuses évaluations nécessaires pour évoluer (16 min). L'informateur raconte qu'après avoir été chalumiste, il a exercé dans la chaudronnerie, ce qui l'a amené à être agent de maîtrise. Il a ensuite gravi tous les échelons pour devenir contre-maître, puis cadre/chef de corporation, juste avant que Terrin ne ferme (19 min). Par son statut d'agent de maîtrise, il a pu bénéficier de petites formations, en anglais, en normes de sécurité. Il évoque alors les problèmes de sécurité dans son métier en raison de la faible information des employés (25 min). Il parle ensuite de l'école de soudure au sein de l'usine Terrin qui permettait de donner des agrégations aux soudeurs pour qu'au niveau des assurances, ils puissent travailler dans les bateaux (28 min). L'entretien s'oriente sur l'évolution de l'outillage : arrivée des multi-pinces, des compresseurs, de nouveaux moyens de manutention : camions-grues, boulonneuses à air comprimé, évolution autour de la sécurité (37 min). Pour lui, le plus grand changement s'est fait quand il a travaillé sur des pétroliers, aux alentours de 1951, même si tout cela s'est fait lentement (40 min). Il parle ensuite des dures conditions de travail, du bruit, de la dangerosité avec les risques d'explosion et relate d'ailleurs deux tristes événements (50 min). Il évoque le groupe des diables rouges, formé pour contrôler les citernes et se prononcer sur le fait que les ouvriers pouvaient ou non rentrer dans les citernes pour y travailler, sans risque d'explosion. Il donne son avis sur ce groupe et le syndicat CGT qui y était rattaché (57 min). L'informateur aborde ensuite le « tout horaire » quand il était chef de corporation : il travaillait le dimanche matin, la nuit, les horaires étaient au bon vouloir de chacun. Il explique que ces nombreuses heures travaillées étaient bien payées, dans un contexte d’après-guerre, il y avait du travail, et de plus, le domaine de la réparation navale demandait des délais d’exécution très rapides. Il évoque l'attachement à son travail, l'importance pour lui d'être consciencieux (1 h). Il parle ensuite de la fin de l'entreprise Terrin et de la reprise avec les Ateliers et Chantiers de Marseille Provence (ACMP) qui a été terrible pour lui car ce n'était plus la même manière de travailler (1 h 08 min). Il raconte les changements occasionnés par la fusion de la Société Provençale de Construction Navale (SPCN) avec la Société Provençale des Ateliers Terrin (SPAT), et notamment le déménagement de l'entreprise à Mourepiane, ce qui a permis d'avoir des locaux plus grands, du nouveau matériel, l'arrivée de l'informatique. Il était alors chef d'équipe. Pour lui, ce fût un beau mariage car Terrin a amené la fougue du travail et la SPCN de l'espace pour travailler (1 h 16 min). L'entretien s'oriente ensuite sur la question des grèves. L'informateur parle du mouvement social de 1949 qui lui a coûté sa place pour quelques mois. Il aborde ensuite le grève de 1968, il occupait alors le poste de contremaître et ne faisait pas grève car les cadres ne s'étaient pas mis en grève. Il relate alors une anecdote où il a été forcé de faire grève et parle ensuite de la grève des soudeurs qu'il a connue quand il était chef de corporation (1 h 27 min). L'informateur renseigne ensuite sur la faillite de l'entreprise, avec la période instable qu'a vécue l'entreprise pendant quatre ans. À Marseille, cela a commencé par le licenciement de 600 personnes, pour ensuite arriver à une liquidation totale de l'entreprise, quatre mois plus tard. Il a alors connu une période de chômage et explique qu'on l'a rappelé un an après pour venir travailler aux Ateliers et Chantiers de Marseille Provence (ACMP), une société remontée par Terrin. Il y a travaillé sept ans, jusqu'à sa retraite (1 h 36 min). Il parle ensuite d'une expérience qui l'a marqué en tant que soudeur, lorsqu'il a travaillé sur une coque d'un sous-marin atomique à Toulon. Il raconte aussi les différents travaux qu'il a effectué en Algérie, avant et après l'indépendance et donne son ressenti sur cette expérience (1 h 40 min). L'entretien traite ensuite du rapport entre l'entreprise Terrin et le territoire, ce qui amène l'informateur à expliquer que la plupart des employés habitaient à l'Estaque, Saint-Henri, Saint-André; le tramway les amenait directement sur les quais. À l'époque, il habitait aux Pennes-Mirabeau et venait à pied jusqu'à Saint-Antoine pour prendre le tramway. Il a ensuite habité à Endoume et venait au travail avec un vélomoteur, en partie financé par l'entreprise Terrin, comme pour l'ensemble des employés. La politique sociale est alors abordée : les sorties au ski, l'aide au financement pour l'achat d'une maison, le stade de football à Septèmes, les voyages proposés, les arbres de Noël (1 h 45 min). Il parle des rapports qu'il entretenait avec Pierre Terrin, surtout une fois retraité (1 h 54 min). L'informateur raconte ensuite que son frère, son beau-frère et son père travaillaient également chez Terrin, c'est d'ailleurs lui qui l'a fait embaucher, comme pour beaucoup de personnes d'une famille. Il explique alors le métier de son père qui était redresseur et revient sur son entrée dans l'entreprise en parlant du premier bateau sur lequel il a travaillé (2 h 03 min). Il aborde ensuite les nombreuses activités parallèles qui se greffaient à la réparation navale, notamment pour subvenir aux besoins de l'équipage qui venait le temps d'un chantier. Cela faisait travailler les taxis, les fournisseurs, les bars (2 h 08 min). Pour finir, il parle de la tristesse qu'il a aujourd'hui de voir le port mort et relate une anecdote lorsqu'on lui a appris le déclin de Terrin, alors que l'entreprise était en pleine activité (2 h 15 min).
Ancienne cote : MMSH-PH-5142
Caractéristiques matérielles et contraintes techniques : qualité sonore de l'enregistrement : très bon
Conditions d'utilisation : Consultation libre et réutilisation non commerciale autorisée
Documents en relation : Un historique de la Société des Ateliers Terrin et un relevé des sources d'archives y ayant trait sont disponible à l'adresse :
Reproduction(s) numérique(s) : Document numérisé disponible en ligne :
Auteur : Angelino, Jacques
Sujet : réparation navale
Chaudronnerie
Toulon (Var)
Algérie
Marseille (Bouches-du-Rhône) -- Quartier de l'Estaque
Terrin (famille)
Années 1940
Années 1950
Années 1960
Lieu de production : Marseille (Bouches-du-Rhône)

Si vous voyez cette page, c'est probablement que vous utilisez un navigateur Web (ou une version) qui ne supporte par certaines normes Web.
Nous vous conseillons de mettre à jour votre navigateur ou de choisir un navigateur comme Firefox.
Si le problème persiste, merci de nous informer en indiquant le nom et la version de votre navigateur à : https://stp.abes.fr/node/3?origine=calames/