Calames

23 AV 32 1 Témoignage d'un ancien conducteur de façonnage et actuel technicien laboratoire à la tuilerie Monier de Marseille, en poste depuis 1977, à propos de sa carrière professionnelle et de l'évolution de l'entreprise

Date : 2015-12-07
Description physique : 1h 39min.
Description : L'informateur est né en 1959 à Aix-en-Provence, il travaille à l'entreprise Monier depuis 38 ans. Il rentre à la tuilerie des Milles en 1977 en tant que menuisier, grâce à son CAP et son père qui y travaillait déjà. Il avait alors pour tâche de restaurer les fenêtres de la tuilerie. Quand ce corps de métier a cessé d'exister au sein de l'entreprise, il a été mis au triage des palettes, puis aux machines (1 min). Il explique que la tuilerie des Milles était répartie sur trois usines, toutes situées sur le même site. Lui, travaillait au départ au « Milles 1 », puis, suite à sa fermeture en 1991, il est affecté au « Milles 2 » qui ferme à son tour en 2005. Il est alors transféré à l'usine Monier de Marseille (3 min). L'informateur commence par détailler ses différents postes au « Milles 1 », où presque tout était encore fait à la main. Il aborde la pénibilité et les conditions de travail (6 min). Il explique les étapes par lesquelles passe l'argile et en quoi consiste le poste de trempeur, de défourneur, d'enfourneur (10 min). À partir de 1991, une fois transféré au « Milles 2 », il n'occupe plus que le poste de trempeur, appelé dorénavant conducteur de façonnage. Il décrit alors plus précisément ce travail et parle de son évolution. Aujourd'hui, les machines ont remplacées l'utilisation des sens comme la vue, le toucher et l'ouïe, ce qu'il regrette (14 min). Il avait aussi pour tâche de préparer les engobes, phase qui intervient avant la malaxation de l'argile. Il évoque à ce moment-là, la faible sécurité dans les usines des Milles due à leur vétusté (20 min). L'informateur aborde l'apprentissage qu'il a reçu par les anciens, avec qui il était en binôme pendant un mois à chaque changement de poste (25 min). Il discute de son arrivée à l'usine de Marseille en 2005 et de son accident du travail qui l'a amené à délaisser son poste de conducteur de façonnage. Aujourd'hui, il travaille au laboratoire pour faire des prélèvements et s'occupe de l'acquisition des matières premières (30 min). Il a également formé un intérimaire pour lui apprendre le façonnage, ce qui lui a bien plu (33 min). L'informateur raconte la différence dans le travail de façonnage entre l'usine des Milles et celle de Marseille et témoigne du peu de liens qu'il y avait entre les salariés des deux usines (35 min). L'entretien s'oriente ensuite sur les innovations qu'il a connues dans sa carrière et les changements occasionnés dans son travail, notamment les horaires et la cadence mais aussi la facilité dans le travail. Il parle aussi de l'arrivée de l'ordinateur dans l'entreprise en 2006, il était alors au magasin et a eu la tâche d'informatiser tous les produits qui étaient fichés (40 min). L'informateur évoque la dégradation de l'ambiance au fil des années et constate une moins grande entraide entre les employés due notamment à l'automatisation des machines (47 min). Il se souvient alors du climat familial dans la première usine des Milles et des liens étroits avec son directeur. Il aborde le travail des hommes de sa famille dans cette usine, d'où son affinité envers elle déjà petit (51 min, 1 h 03 min). Les changements suite aux différentes directions de l'entreprise sont abordés. L'informateur explique qu'il y a surtout eu des restructurations vis-à-vis de l'encadrement et informe sur le contexte de l'entreprise lorsqu'il y entre en 1977. Elle fait alors partie de la société Tuilerie Marseille Méditerranée, dirigée par la famille Rastoin (57 min). Il évoque ensuite brièvement l'affaiblissement du rôle du comité d'entreprise et se remémore l'équipe de football de l'entreprise du temps où il travaillait aux Milles (1 h 02 min). L'informateur parle du lien entre la tuilerie des Milles et le village, qui vivait beaucoup grâce à elle, et notamment du café de France qui se trouvait juste à côté de la tuilerie (1 h 07 min). Il se rappelle aussi d'une maison en face de l'usine où étaient logés les employés immigrés. Il témoigne alors des nombreuses nationalités des ouvriers et de la convivialité qui prédominait entre tout le monde (1 h 12 min). L'informateur revient à présent sur la fermeture de la tuilerie des Milles et parle de l'incompréhension exprimée par les salariés, dont une quinzaine a été reclassée à la tuilerie de Marseille. Il se dit nostalgique aujourd'hui de cette usine et raconte comment s'est passée son arrivée dans l'usine de Marseille (1 h 17 min). L'informateur s'exprime ensuite sur l'impact environnemental de la tuilerie sur le territoire marseillais et craint pour son avenir en raison aussi des promoteurs immobiliers qui veulent acheter du terrain dans ses alentours (1 h 32 min). Pour finir, il revient sur la tuilerie des Milles pour y évoquer le travail des femmes, notamment celles de sa famille, et exprimer l'attachement qu'il a pour cette usine (1 h 36 min).
Ancienne cote : MMSH-PH-5162
Caractéristiques matérielles et contraintes techniques : qualité sonore de l'enregistrement : très bon
Conditions d'utilisation : Consultation libre et réutilisation non commerciale autorisée
Documents en relation : Un historique de l'entreprise Monier et un relevé des sources d'archives y ayant trait sont disponible à l'adresse :
Reproduction(s) numérique(s) : Document numérisé disponible en ligne :
Auteur : Claverie, Richard
Sujet : Tuiles -- Industrie et commerce
Argile
Années 1970
Années 1990
Années 2000 (décennie)
Lieu de production : Aubagne (Bouches-du-Rhône)

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