Calames

MMSH-PH-2448 Un informateur de Carcès donne son avis sur les changements d’emploi de la langue provençale

Date : 1985-10-11
Description physique : 1 cass. 48min.
Description : L’enquête, menée par Claude Martel, aborde le thème de l’apprentissage et la perception de la langue régionale par rapport au passé et aux variations de vocabulaire qui caractérisent différents endroits de la région. Les informateurs soutiennent qu’un décalage de l’emploi du provençal a commencé au début du XXe siècle et qu’il s’est accentué après les deux guerres. Le père de l’informateur témoigne que sa langue maternelle était le provençal et qu’il le parlait couramment à l’école, alors que son fils, né en 1928, ne l’a appris qu’en famille. Dans ce processus de transformation, les informateurs estiment que l’école a eu une responsabilité importante pour avoir empêché l’usage de la langue avec des punitions. Vers les années 1920, la langue est attachée à l’image sociale du paysan, c’est-à-dire qu’à l’époque c’était, selon une acception négative, « le patois et pas le provençal ». Par conséquence, les filles commençaient à pratiquer la langue régionale moins que les hommes. De même, l’informateur fait le lien avec des changements progressifs remarquables dans les modes de vie, comme la réduction de la capacité d’auto-approvisionnement des familles. L’ensemble donne à l’informateur la possibilité de constater le danger d’une perte totale de la langue et l’importance d’y revenir pour garder l’identité et les racines : c'est pourquoi il se dit « chauvin » de son pays et continue à parler et s’habiller en provençal. Par rapport à des thèmes plus spécifiques d’intérêt linguistique, proposés par l’enquêtrice, il soutient qu’il y a des différence de vocabulaire, mais que les différentes façons de parler le provençal (maritime, alpin, région d’Arles) s’imbriquent très bien et sont compréhensibles partout. Toutefois, il affirme une plus grande affinité avec le nord-est provençal, à partir de Comps et jusqu’à La Roque et explique que dans les villages autour de Carcès, c’est surtout Montfort qui présente des différences de vocabulaire et de prononciation plus marquées, dont il donne des raisons historiques. Pendant l’enquête, l’informateur récite (19’) des couplets d’un poème qu’il définit comme « écologique » de L’escolo de Charle (1878).
Ancienne cote : F2545
Auteur : Martel, Claude (1938-....)
Coste (M.)
Sujet : Carcès (Var)
Années 1920
Chauvinisme
Montfort-sur-Argens (Var)
Transmission intergénérationnelle
Changement linguistique
Crise identitaire

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