Calames

MMSH-PH-2511 Explications sur la pêche au violet aux Salins d’Hyères

Date : 1985-03-15
Description physique : 1 cass. 1h25min.
Description : Lors de cet entretien, l’informateur, un pêcheur prénommé Léon, renseigne Annie-Hélène Dufour sur des questions techniques précises concernant la pêche au violet dans les eaux des Salins d’Hyères : le matériel, les saisons, les zones de pêche. Tout au long de l’entretien, il lui montre des objets, des cartes ou dessine des croquis. Sans accès aux informations visuelles, les explications ne sont pas toujours explicites. Au début de l’entretien, l’informateur montre le matériel de pêche nécessaire (gouttière, patte d’oie, maille de long, boot, bout mort, murion, panneau). Ils évoquent ensuite la nature des fonds marins : le fonds de la rade est composé aux deux tiers de “tabac” (composant de couleur marron), d’un mélange de sable, gravier et coquillage (coquilles brisées), de violettes (végétal ressemblant à la feuille des violettes) et de madrepore. Le violet se trouve dans le sable où il est enraciné. Il dispose de deux ouvertures qui ressemblent à des fleurs : une fleur s’ouvre aspire l’eau et l’autre fleur s’ouvre et rejette l’eau, comme une pompe. Il se nourrit ainsi de ce qu’il y a de bon dans l’eau. Pour qu’il se nourrisse bien, il ne doit pas bouger c’est pour cela qu’on ne peut le garder en viviers. Pour pêcher les violets, il faut les prendre sans la “saleté” (algues, débris de sable ou de roche). C’est une opération technique délicate qui se fait au filet. L’informateur montre la technique à l’enquêtrice. Il précise ensuite que la période propice à la pêche du violet est l’hiver car le froid fait durcir le fond, ce qui réduit la saleté. Au contraire, lorsqu’il fait chaud, un amas composé de milliers de fils jaunes, dit le “coucourda” ou “lipu”, se dépose sur les fonds et couvre les violets. Beaucoup meurent ainsi d’étouffement par manque de mauvais temps. Le meilleur moment est donc février ou les jours de grand mauvais temps. La pêche au violet est autorisée pendant tous les mois en RE. Les petits violets sont rejetés à l’eau pour favoriser la dimension (ou reproduction) de l’espèce. L’informateur précise que la composition du fond de la rade des Salins d’Hyères est unique et c’est ce qui fait leur différence. Il dément l’expression “violet de roche”, qui selon lui est fausse. Dans les roches, les violets ne pourraient se nourrir. Ils regardent ensemble une carte de 1974 sur laquelle l’informateur délimite au stylo les zones de pêche. Jusqu’à 26 mètres, on trouve les herbiers. Dans ces endroits on pêche au gángui (filet traînant au fond de la rade). La limite de 26 mètres est celle au-delà de laquelle le soleil ne parvient pas donc les herbiers ne peuvent y pousser. Le violet se pêche au-delà de 26 mètres et jusqu’à 36 mètres. Il montre la délimitation des eaux des Salins de Hyères sur la carte et évoque la présence d’un ancien barrage, fait en filet d’acier pour empêcher les bateaux de passer, datant de la guerre qui gît toujours dans les fonds et les gêne toujours aujourd'hui. Le chalut lui peut aller partout à partir 26 mètres de profondeurs. La petite drague (une forme particulière de gángui) peut être utilisée n’importe où. Il explique le fonctionnement d’une drague puis d’un gángui en dessinant sur le carnet de l’enquêtrice. L'enquêtrice le questionne sur les tailles de mailles des filets. Ils sont de 14 à 10 millimètres (taille réglementaire). Pour le gángui, ce sont des mailles de 50 mm. Enfin, l’enregistrement se termine sur la nature et la dénomination des fonds. De 0 à 26 mètres : ce sont les herbiers qu’ils appellent “l’algue” ; puis de 26 à 36 mètres c’est le “bord de bronde”, là où l’algue s’arrête et commence le fond de sable et coquillage, puis c’est la “bronde”, de 36 mètres à 80 mètres.
Ancienne cote : F2612 et F2613
Conditions d'utilisation : Document en ligne et réutilisation non commerciale autorisée
Reproduction(s) numérique(s) : Numérisation disponible en ligne
Sujet : Les Salins-d'Hyères (Var)

Si vous voyez cette page, c'est probablement que vous utilisez un navigateur Web (ou une version) qui ne supporte par certaines normes Web.
Nous vous conseillons de mettre à jour votre navigateur ou de choisir un navigateur comme Firefox.
Si le problème persiste, merci de nous informer en indiquant le nom et la version de votre navigateur à : https://stp.abes.fr/node/3?origine=calames/