Calames

MMSH-PH-3253 Entretien par Michel Seurat auprès de Abdelkader Qaddura sur les changements à apporter aux entreprises du secteur public

Date : 1980
Langue : arabe
Description physique : 1 cass. 32 min.
Description : Michel Seurat s’entretient avec Abdelkader Qaddura sur la vision de ce dernier quant aux changements à apporter aux entreprises du secteur public. Qaddura partage d’abord son avis sur les qualités d’un directeur d’entreprise. Afin de mener à bien les activités de son entreprise, il doit, selon lui, être doté d’une capacité à prendre des décisions, à analyser, à mettre en oeuvre des actions pour arriver à un résultat. Il émet une distinction entre les qualités requises pour les compagnies du Tiers-Monde et pour celles des pays développés. Il considère ainsi que dans un pays en voie de développement, le chef d’entreprise doit faire preuve d’un certain “centralisme”. Qaddura évoque un ensemble de règles et de lois qui ne sont pas adaptées à la nature du travail industriel, ni aux responsabilités, ni aux activités poursuivies. Selon lui, les tâches assignées à l’entreprise nécessitent une certaine liberté de mouvement, une capacité à surmonter les obstacles qui entravent le développement. Il aimerait que soit faite une “planning study”, éventuellement par un office ou une organisation internationale, afin de rendre compte de la réalité en la matière ; il regrette toutefois l’absence de volonté générale de mener une telle étude. Il mentionne ensuite plusieurs sortes d’obstacle pour les entreprises : d’abord des obstacles économiques (les salaires à verser), puis des obstacles sociaux (il évoque à cet égard les entraves que peuvent constituer les relations personnelles). Selon lui, le moindre franchissement de ces obstacles peut conduire à de très grands résultats dans le Tiers-Monde. Il cite à cet égard l’exemple de l’énorme plus-value qu’il a créée lors de son passage à la direction de l’entreprise “Tameco” entre 1973 et 1978. Selon lui, de tels bénéfices ne valent pas uniquement pour la compagnie, mais aussi pour tous ceux qui travaillent dans le secteur (l’industrie pharmaceutique en l’occurrence). Ainsi, de tels bénéfices ont pu être réalisés grâce à de petits “dépassements”, qui devraient être codifiés afin de devenir une règle formelle. Selon Qaddura, le problème est qu’en s’inspirant du modèle entrepreneurial européen, les entreprises syriennes n’ont pris du “conseil d’administration” que le nom, sans avoir de dirigeants vraiment efficaces en pratique. Michel Seurat fait remarquer que c’est assez étrange d’entendre un tel discours de la part d’un représentant du secteur public. Pour Qaddura justement, le but de ses propos est de soutenir le développement du secteur public, c’est un premier pas pour trouver le “droit chemin” : de même qu’un médecin doit étudier les symptômes d’une maladie avant de prescrire un médicament, de même lui-même se doit d’être lucide quant aux maux dont souffrent l’économie nationale et le secteur public. De plus, Qaddura fait remarquer que le secteur public a beaucoup bénéficié de l’investissement de fonds de l’économie nationale. Le secteur public se doit donc d’être lui-même une source pour l’économie s’il ne souhaite pas devenir un “fardeau”. Qaddura souhaite la transposition de l’expérience de Tameco aux autres entreprises du secteur public. C’est ainsi que doit être mis en place selon lui un système de récompense financière, dans les limites d’un certain montant. Il évoque aussi la mise en place d’un système intéressant les activités commerciales afin de définir le rôle des directions commerciales et de leur donner une plus grande capacité d’adaptation directe au marché (alors qu’auparavant, elles avaient besoin d’autorisations). Il mentionne enfin la mise en place d’un “système scientifique d’entretien”, par lequel chaque outil est clairement défini et présenté, selon l’idée que l’élément le plus important dans l’entreprise après les travailleurs, ce sont les instruments de travail. De même, Qaddura évoque une volonté de description précise des matières premières utilisées par les entreprises du secteur (avec leurs caractéristiques chimiques, physiques, leurs modalités d’utilisation, etc.) par le biais d’un comité mis en place à cet effet. Il évoque aussi la récente mise en place de la définition des caractéristiques des produits finis. En effet, selon Qaddura, tous les produits répondent à un “standard” mondial précis, et pour pouvoir entrer en concurrence avec des produits équivalents sur les marchés étrangers, il faut être capable de prouver cette équivalence. C’est particulièrement intéressant sur le marché national, où les produits nationaux seront privilégiés par rapport aux produits étrangers équivalents. Grâce à la mise en place de tels “systèmes”, l’industrie syrienne s’est développée de façon totalement inédite : pour la première fois sont produits des radios, des lampes, des engrais, etc., et ce malgré l’énorme charge de travail qui pèse sur les entreprises. Michel Seurat demande si l’on peut résumer les principaux maux dont souffre le secteur public. Pour Qaddura, il faut déjà prendre en compte la faiblesse du personnel technique, ainsi que le manque de liberté de mouvement pour la compagnie. Qaddura précise qu’il ne réclame évidemment pas qu’on entrave le fonctionnement du secteur privé, mais il demande à ce qu’on dote le secteur public des libertés dont jouit le secteur privé. Il s’agirait ainsi de donner une plus grande marge aux entreprises du secteur public en ce qui concerne les nominations, les dépenses, l’octroi de récompenses… En fait, selon Qaddura, les hommes politiques commencent à être de plus en plus convaincus de la nécessité de faire reposer l’industrie sur des bases scientifiques. Toutefois, la mise en place de telles bases n’est pas si évidente.
Ancienne cote : F2972
Sujet : Réformes
Entreprises publiques
Cadres (personnel)
Conditions économiques -- Pays en voie de développement
Travail industriel
Industrie pharmaceutique
Conseils d'administration
Économie publique
Industrie
Industries chimiques
Organisation du travail
Politique économique

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