Calames

MMSH-PH-3246 Entretien de Michel Seurat auprès de Farouq Muqaddem sur le thème de l’unité libanaise, le 5 février 1983

Date : 1983-02-05
Langue : françaisarabe
Description physique : 1 micro-cass. 1h 03 min.
Description : Michel Seurat enregistre un entretien avec Farouq Muqaddem durant lequel interviennent plusieurs autres interlocuteurs. Muqaddem évoque d’abord la relation particulière qu’il avait avec Abu Ali Iyad et le mouvement national palestinien. Il parle ensuite du mouvement de grève, le premier de cette envergure selon lui, qui s’est tenu le 14 mai 1971 dans tout le Liban. Il considère cet évènement comme une étape décisive, tournant une nouvelle page pour le Liban. De même, en 1973, il raconte que des manifestations ont eu lieu, ce qui a été l’occasion d’affrontements à Tripoli. Selon lui, ce mouvement de revendication, en 1973, rassemblait les Chrétiens et les Musulmans. Par ailleurs, il se dit sympathisant de la cause palestinienne sans chercher à l’exploiter pour son propre intérêt. Un autre interlocuteur évoque la “défaite totale de la pensée arabe, du Fatah, de la résistance palestinienne”. Il s’interroge alors sur l’importance du “facteur arabisant” dans la lutte menée par Muqaddem. Pour celui-ci, leur lutte ne s’ancre pas tant dans une région que dans une civilisation, dans laquelle l’Islam occupe une certaine place. En effet, cette région, bien que de dimension très réduite, a joué un rôle historique important. Un autre interlocuteur marque son étonnement vis-à-vis de la qualification de Tripoli comme “libanaise” avant d’être “arabe”. Muqaddem cite à cet égard un article du journal Le Monde de 1979 selon lequel “Tripoli a fêté son indépendance d’une façon hystérique”, mettant bien en avant l’attachement de la ville à sa libanité. La conversation évoque la naissance d’un “sentiment national libanais” chez les Chrétiens et les Musulmans, de gauche comme de droite, à partir des années 1978-1979, même si les avis sont partagés quant à la réalité de ce sentiment. Muqaddem exprime alors son attachement au Liban, bien qu’il ne se considère pas comme un “nationaliste libanais”. Un autre interlocuteur lui fait remarquer que, malgré son engagement “aux côtés de l’opprimé”, Muqaddem a déclaré à un journal avoir pleuré lors de la mort de Bachir Gemayel, qui était pourtant “un terrible oppresseur” (il s'agit d'un entretien accordé à Magazine le 13 novembre 1982). La conversation prend alors la forme d’un débat au cours duquel Muqaddem et l’autre interlocuteur expriment leur point de vue sur Bachir Gemayel. Pour l’autre interlocuteur, Gemayyel représentait une “tête de pont” qui a permis d’abord l’entrée des Syriens au Liban, puis celle des Israéliens, sous prétexte de neutraliser la résistance palestinienne. C’est ainsi, raconte-il, qu’Israël a pu assiéger Beyrouth-Ouest où se trouvaient non seulement des militants palestiniens, mais aussi 300.000 habitants libanais. Muqaddem de son côté, sans chercher à justifier ou à honorer Bachir Gemayel, considère que ce dernier ne voulait pas l’éclatement, la division du Liban, bien au contraire. Il raconte qu’il est entré en contact avec lui dès novembre 1976, après le début de l’invasion syrienne au Liban. Il évoque Abu Ammar et son attachement à la cause palestinienne, mais pour lui, la cause la plus importante est celle de l’unification du Liban, qu’il considère comme la seule solution pour sortir du conflit. Selon Muqaddem, Gemayel était lui aussi partisan de cette unification.
Ancienne cote : F2965
Sujet : Caractère national palestinien
Grèves et lock-out
Manifestations
Émeutes
Tripoli (Liban)
Religions -- Relations
Al Fath
Gémayel, Bachir (1947-1982)
Beyrouth (Liban) -- 1982 (Siège)
Arafat, Yasser Abu Ammar (1929-2004)
Conflit israélo-arabe
Résistance politique
Nationalisme -- Pays arabes
Tripoli (Liban) -- Jabal Mohsen
Tripoli (Liban) -- Bab el-Tabbaneh
Lieu de production : Tripoli (Liban)

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