Calames

MMSH-PH-3276 Extraits d’un sermon prononcé par Saïd Chaaban en janvier 1983

Date : 1983-01-21
Langue : arabe
Description physique : 1 cass. 1h 02 min.
Description : L’enregistrement regroupe plusieurs extraits d’une khutba (sermon) prononcée par Cheikh Saïd Chaaban (probablement le 21 janvier 1983), qui y aborde plusieurs thèmes. Tout d’abord, Chaaban rappelle l’unité des musulmans, malgré les différences de nationalité ou de couleur. En effet, selon lui, le croyant musulman se doit de consacrer sa vie à Dieu, de sorte que tous les musulmans se retrouvent en Dieu. Par ailleurs, il rappelle aussi que la mésentente qui oppose les musulmans aux autres communautés (comme les Chrétiens) n’est pas due à une inimitié personnelle ou tribale, mais bien à une divergence de dogme (aqida). De même, Chaaban rejette la devise exprimée par l’hymne national libanais : “nous sommes tous pour la patrie” (kulluna li-l-watan), puisque selon lui, la “patrie” n’est pas un dogme dans lequel l’on puit se retrouver. De plus, selon Chaaban, cette prétention à rassembler les gens au sein de la patrie invite à prêter allégeance à un régime politique qui ne croit ni en Dieu ni dans le Coran. Il avance qu’il ne souhaite pas la division du Liban, mais il souhaite encore moins que le Liban divise les musulmans. Il évoque aussi l’arrivée des “armées croisées”, américaines et françaises venues, sous prétexte de défendre le Liban, tenter d’empêcher l'expansion de l’islam. Dans le second extrait, Chaaban évoque des affrontements qui ont eu lieu en décembre 1982 et janvier 1983 à Tripoli entre chrétiens et musulmans. Il invite les jeunes de Tripoli à ne pas répondre aux provocations. En effet, selon lui, il convient en premier lieu de chercher à répandre la “vérité” (al-haqq) et un musulman ne peut tuer un humain sans avoir d’abord essayé de le convertir à la vérité. Il dénonce par ailleurs l’organisation en partis politiques qui divise les musulmans. Dans le troisième extrait, Chaaban traite du sujet de la “légitimité” (shariiyya). Selon son analyse, le régime politique libanais (de même que les autres régimes arabes) s’auto-proclame “détenteur de la légitimité”. Toutefois, Chaaban invite à refuser cette pseudo-légitimité, qui éloigne le croyant de son adoration à Dieu. Selon lui, cette prétention à la “légitimité” a provoqué les massacres de Hama et de Sabra et Chatila. Dans le quatrième extrait, Chaaban évoque l’absence des musulmans au sein des institutions libanaises. Il cite l’exemple de la nomination d’un directeur de l’Education, de confession maronite, à Tripoli, ville pourtant largement musulmane. Il raille le Premier ministre (Chafic Wazzan) qui ne réussit pas à imposer le choix d’un fonctionnaire musulman dans une région musulmane. Selon Chaaban, les musulmans au Liban doivent mendier pour avoir un poste dans l’administration. Toutefois, il ne réclame pas des postes pour les musulmans, puisque cela reviendrait à reconnaître la légitimité de “l’Etat maronite”. En effet, selon lui, c’est l’Islam qui doit régler la vie des musulmans, et non la constitution libanaise. Le but pour Chaaban est que les musulmans puissent recouvrer la dignité qu’ils ont perdue en s’éloignant de leur foi. Dans le cinquième extrait, Chaaban évoque la “conciliation” (sulh). Selon lui, cette dernière est souhaitable et nécessaire tant que la “vérité” (haqq) gouverne la vie du musulman. Il met toutefois en garde contre la tentation de faire reposer la conciliation sur une injustice. Il cite à cet égard une tentative de conciliation sur le point de se tenir entre les habitants de Tripoli et ceux “de la montagne”, qu’il accuse d’être à l’origine des violences dont souffre la région et d’avoir expulsé les pauvres de leurs maisons. Selon lui, avant de procéder à la conciliation, il est nécessaire que ceux de la montagne présentent leurs excuses et réparent les torts qu’ils ont causés. Enfin, dans le sixième et dernier extrait, Chaaban évoque “les hypocrites à Médine” tels qu’ils sont présentés dans la sourate al-Ahzab, établissant ainsi un parallèle avec la situation à Tripoli. En reprenant la sourate, le cheikh raconte que lors de la bataille, les “hypocrites” avaient abandonné la défense de Médine pour retourner chez eux. Selon Chaaban, c’est dans les situations les plus pénibles que l’on peut distinguer les hypocrites des vrais musulmans. L’enregistrement est coupé avant que Chaaban ait pu finir son idée.
Ancienne cote : F2989
Auteur : Chaaban, Saïd (1921-1998)
Sujet : Prédication -- Islam
Umma
Tripoli (Liban)
Hamā, Massacre de (1982)
Liban -- 1975-1990 (Guerre civile) -- Atrocités
Antiaméricanisme
Mouvement d'unification islamique (Liban)
Droit islamique
Islamisme
Religion et politique
Anti-impérialisme

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