Calames

CNRS IHTP ARC 113 Souvenirs d’un nomade, 1937-1977

Description physique : 428 p. .
Description : Il s’agit d’un récit dense, quatre cent vingt-huit pages réparties en six chapitres, dans lequel Olivier Deleau revient sur les quarante années de sa carrière de diplomate. C’est un témoignage sur des événements qui ont jalonné les années 1936 à 1977, mais aussi une sorte de présentation d’un métier vu à travers une grande variété de postes, le tout entrecoupé fréquemment d’anecdotes (un parti pris de l’auteur pour rendre ce témoignage plus « vivant »). Au fil des pages, l’auteur évoque le fonctionnement des différentes ambassades et consulats qu’il a fréquentés, les missions effectuées, la vie sociale d’un microcosme français à l’étranger ; il fait aussi une large place aux descriptions géographiques, culturelles, architecturales des différents pays et villes traversés. C’est une chronique personnelle dans laquelle, il n’hésite pas à faire part de ses convictions personnelles et de ses prises de position. Des informations plus ou moins nombreuses, en fonction de leur intérêt historique, seront dégagées ci-après de ce long document : Le congrès du parti national-socialiste, Nuremberg, 1936 auquel il a assisté au cours d’un séjour d’étudiant. Il décrit le recueillement, l’émotion qui émanaient de la foule. En Éthiopie (octobre 1937-juin 1938), attaché au Consulat général de France à Addis-Abeba, il évoque la conquête et l’occupation de l’Éthiopie par l’Italie, les démarches, côté français, pour la protection à apporter aux citoyens français souvent en butte à des dispositions peu favorables. Le Portugal (juillet 1938-avril 1940) où il est en poste à la légation de France à Lisbonne. Il rappelle la position géographique délicate du Portugal, soumis aux tensions entre les puissances de l’Axe et les Occidentaux. Il décrit l’afflux des réfugiés français et belges qui pouvaient du Portugal rejoindre l’Amérique du Nord ou du Sud. À Venise (13 mai–10 juin 40) en poste au Consulat de France pendant 4 semaines, il fait le récit des péripéties du retour en France du corps diplomatique. Après l’armistice , il arrive à Bordeaux le 17 juin 1940. Il est accueilli et hébergé par son beau-père, Paul Baudouin, directeur-général de la banque d’Indochine à Paris, dont le siège a été replié à Bordeaux. Ce dernier, nommé ministre des Affaires étrangères dans le gouvernement du maréchal Pétain, lui propose d’entrer au cabinet en qualité de chargé de mission. Les liens de proximité familiale avec Paul Baudouin, donneront à cette partie des informations intéressantes sur l’activité et l’influence de Paul Baudouin lors de ses quelques mois passés au gouvernement. Dans ce chapitre, il décrit la confusion générale qui règne à Bordeaux avec d’une part, les conditions d’aménagement du ministère, l’arrivée en catastrophe du personnel et d’autre part, l’atmosphère éprouvante de la ville, l’afflux des réfugiés, la déroute des troupes françaises, l’avancée de l’armée allemande. Il fait part de ses propres sentiments à l’égard des conditions de l’armistice qu’il considère comme un moindre mal et ne cache pas des sentiments peu amènes à l’égard de De Gaulle. La période juillet-octobre 1940, fait l’objet d’une séquence particulière, celle que Paul Baudouin et lui-même ont passé au gouvernement. Il expose le repli du gouvernement à Clermont-Ferrand, puis le choix de Vichy, en raison de l’abondance de son parc immobilier et décrit l’installation des ministères et des bureaux ainsi que le climat particulier de la séance de l’Assemblée nationale du 10 juillet à Vichy. Il s’attarde sur la crise des relations franco-britanniques et l’interruption des relations diplomatiques, suite à l’affaire de Mers-el-Kébir, et évoque la mission officieuse de Paul Rougier. Il laisse percevoir une compréhension envers le maréchal Pétain et l’emprise négative qu’exerce Laval sur lui. [La période juin–octobre 1940 fait l’objet d’une version plus concentrée où sont éliminées les notations secondaires ou plus personnelles ayant pour titre « De Bordeaux à Montoire (juin–octobre 1940). Souvenirs d’un témoin » (14 p.) Après son départ de Vichy, il est nommé par Marcel Peyrouton, ministre de l’Intérieur, sous-préfet de Figeac dans le Lot. Il restera en poste de décembre 1940 à mai 1942. Après quelques allusions aux dérives parlementaires de la IIIe République dans le département, il témoigne sur l’ampleur des tâches qui incombent à un administrateur en temps de guerre. Il fait part de l’évolution de l’état d’esprit de la population du début de l’année 1941à celui de l’année 1942 : il observe le désenchantement qui perce envers le maréchal Pétain, une opposition à la politique de collaboration et des sentiments plutôt anglophiles, il constate également que les idées du général de Gaulle pénètrent les esprits. En poste à Monaco, de juin 1942 à décembre 1944, en tant que vice-consul puis consul à partir de mai 1943. Il témoigne des moyens mis en oeuvre pour la protection des juifs ou étrangers par l’obtention de la résidence dans la principauté, pour l’accueil des jeunes français fuyant le STO (à partir de 1943) et ceux des Chantiers de Jeunesse menacés par le transfert en Allemagne. Il évoque l’occupation italienne et allemande et la période troublée de la Libération. Dans une courte partie qu’il nomme « ma traversée du désert », il parle de sa réintégration discrète au Quai d’Orsay. Il évoque l’atmosphère de l’épuration. Il fait part de ses réflexions sur certains aspects de la Résistance et la Libération. En Colombie (mars 1946-octobre 1948), il est secrétaire d’ambassade à Bogota chargé des questions culturelles, notamment de la construction d’un lycée franco-colombien. Une large partie de ce chapitre est réservée à l’évolution de la situation politique intérieure et à la dégradation de la situation économique. En Sicile (novembre 1948-janvier1950), il est en charge au consulat de France, des questions administratives concernant la navigation maritime et les rapports avec la Tunisie sous protectorat français. Il s’attarde sur les spécificités de la Sicile (isolement et particularisme, clivage de la société) et les problèmes auxquels elle est confrontée (les importants problèmes agraires, l’insécurité, la mafia...). Du consulat de France à Gand, de février 1950 à janvier 1954, il évoque la partition linguistique et la crise provoquée par la question royale en 1950-1951. Conseiller d’ambassade à la légation de France à Budapest (février 1954 à septembre 1956), il décrit les privilèges de la « nomemklatura » hongroise et le sort réservé à l’ancienne aristocratie, la surveillance étroite du corps diplomatique. Plusieurs pages sont consacrées à la destinée tragique de Berthe V., jeune hongroise emprisonnée sept ans pour avoir rendu de nombreux service à la légation de France en la mettant en contact avec les milieux intellectuels hongrois. Il consacre également plusieurs pages à la socialisation de la Hongrie (collectivisation des terres, nationalisation des usines...), à la toute puissance de la police politique, au manque de liberté, aux arrestations et emprisonnements. L’URSS et les démocraties populaires, – Pologne, Roumanie, Tchécoslovaquie – (avril-mai 1955) : c’est à titre personnel qu’il a souhaité poursuivre son observation des pays « derrière le rideau de fer ». Il s’agit d’un compte rendu de voyage, dans lequel il consigne de nombreuses informations sur l’aspect des campagnes, les villes et l’architecture des édifices publics, la vie quotidienne, suivi de réflexions sur le communisme et les régimes de démocratie populaire. La partie consacrée à ses fonctions à ONU est particulièrement dense et intéressante : elle représente seize années de sa carrière (octobre 1956–novembre 1972). Il est en poste au « service des Nations-Unies et Organisations internationales », activité partagée principalement entre Paris, New-York, Genève, Vienne, Londres, mais aussi parfois Rome et Mexico. On trouve de nombreuses références aux événements internationaux. Il donne des informations intéressantes sur les méthodes de travail en vigueur aux Nations-Unies, aborde ses différentes missions à l’ONU (notamment son rôle à la Commission juridique), il évoque les conférences internationales et le rôle des grands orateurs, la question du débat général, les coulisses des négociations avant les séances, le vote des projets de résolution... Il termine cette partie par une série de portraits des représentants de la France et des secrétaires généraux. Pour son dernier poste, il est nommé ambassadeur au Kenya de décembre 1972 à janvier 1977. Une vingtaine de pages sont consacrées à une présentation sociale, politique et économique du pays. Ses activités et réalisations ont été multiples notamment dans le champ économique (mises en place de coopérations techniques) mais c’est dans le domaine culturel qu’il semble avoir eu le plus de satisfaction avec la création du Centre culturel de Nairobi et d’écoles françaises. Il évoque les rôle de représentation incombant à tout ambassadeur et consacre quelques lignes à chacun de ses hôtes illustres et aux quelques affaires spectaculaires qui ont jalonné ces cinq années.
Producteur du fonds ou collectionneur : Deleau, Olivier
Biographie ou Histoire : Olivier Deleau est né en 1912, licencié en droit, diplômé de l’École libre des Sciences politiques a été diplomate de 1937 à 1977.
Producteur du fonds ou collectionneur : Deleau, Olivier
Sujet : Nationalsozialistische deutsche Arbeiterpartei
Nuremberg
Éthiopie
Italie
Portugal
Bordeaux
Baudouin, Paul (1914-1964)
Vichy
Figeac
Monaco,
Libération
Colombie
Sicile
Tunisie
Gand
Budapest
’URSS
Pologne
Roumanie
Tchécoslovaquie
Nations Unies
Kenya

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