Calames

MMSH-PH-4010 Récit de vie d’un instituteur resté en Algérie après l’indépendance

Date : 1993
Description physique : 1 cassette. Durée : 1 h 05 min.
Description : L’informateur est né à Oran en Algérie en 1937, de parents et grands-parents nés en Algérie. Après l’indépendance il est resté vivre à Alger et a gardé la nationalité française. Ses grands-parents, d’origine espagnole, sont arrivés en Algérie dans le village de Port-aux-Poules en 1848. Durant sa scolarité, l’informateur a peu fréquenté d’élèves algériens jusqu’à son intégration au lycée de Mostaganem où la proportion d’élèves algériens était plus importante. L’informateur n’a pas pris immédiatement conscience de l’insurrection de 1954. Cette année là, la région dans laquelle il vivait était peu touchée par la révolte. C’est en 1955, avec l’enterrement de soldats français à Mostaganem qui donnèrent lieu à une grève dans son lycée, qu’il prit conscience de l’importance du conflit. Cette même année les étudiants algériens de son lycée manifestaient ponctuellement leur désaccord avec la politique française. Enfin, en 1956 l’administration de son lycée supprima les cérémonies de remise de prix. L’informateur insiste sur le fait qu’il ne parlait pas franchement de ce qui se passait ni avec ses camarades ni avec ses parents. A la fin de ses études, il a immédiatement commencé à travailler comme instituteur. Influencé par ses convictions religieuses (chrétien) et ses lectures comme le bloc note de Mauriac dans l’Express, il a reconnu une légitimité dans les revendications du peuple algérien. Des évènements comme la journée du 13 mai 1958 l’ont confirmé dans ses positions. Le témoin insiste sur l’importance de la lecture et notamment de la presse française métropolitaine. Il présente aussi les risques et les connotations propres aux différents journaux, le contraignant à s’abonner pour les recevoir sous pli. D’autres faits comme l’inégalité des salaires, notamment dans le monde agricole, lui ont fait prendre conscience des inégalités entre les populations arabes et françaises. Il fait remarquer que ces inégalités n’étaient jamais évoquées par la presse locale. Le témoin considère que les Européens présents en Algérie à cette époque, se sont laissés entraîner par des logiques passionnelles et ne voyaient pas clairement ce qui se passait. L’informateur est conscient qu’une partie de la population française comme les libéraux pour lesquels il avoue avoir de la sympathie, soutenaient la cause algérienne. Mais la mentalité que perçoit l’informateur chez les Pieds-Noirs, révèle un sentiment de supériorité vis-à-vis du peuple algérien. Après l’indépendance, il a fait le choix de rester, son statut de fonctionnaire et son métier d’instituteur lui assurant un emploi. D’autre part, étant célibataire, cette décision n’engageait que lui. L’informateur évoque la difficulté pour un Pied Noir d’obtenir la nationalité algérienne et de se faire ensuite accepter comme tel. L’entretien se conclut sur l’évocation des raisons qui ont poussé les Européens à partir : les sept années de guerre, le non partage du pouvoir lors de la période coloniale, la haine qui s’était amplifiée à la fin de la guerre créant un climat de peur.
Ancienne cote : D3269
Ancienne cote : N° confidentiel de l'informateur dans l'ouvrage d'Hélène Bracco : 14
Caractéristiques matérielles et contraintes techniques : Qualité sonore de l'enregistrement : moyen.
Reproduction(s) numérique(s) : Numérisation disponible en ligne
Sujet : Mestghanem (Algérie)
Mauriac, François (1885-1970)
France
Espagne
Sig (Algérie ; région)
Oran (Algérie)
Coup d'État du 13 mai 1958 (France)
Anti-impérialisme
Propagande
Catholicisme
Militantisme
Inégalité sociale
Angoisse
Front de libération nationale (Algérie)
Organisation armée secrète (France)
Révoltes
Lieu de production : Alger (Algérie)

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