Calames

MMSH-PH-4012 Récit de vie d’une esthéticienne restée en Algérie après l’indépendance

Date : 1993
Description physique : 1 cassette. Durée : 56 min.
Description : L’informatrice est arrivée en Algérie en 1949, à l’âge de 26 ans, pour obtenir un emploi plus intéressant que celui qu’elle avait à Paris. Elle a travaillé comme employée d’une parfumerie, d’un magasin Kodak, représentante commerciale en produits de beauté avant de s’établir à son compte comme esthéticienne. Étant peu concurrencée dans sa branche d’activité, elle n’a pas quitté l’Algérie après l’indépendance et y vit toujours. L’informatrice donne deux raisons qui ont conduit les Pieds Noirs à quitter l’Algérie après l’indépendance. La première raison est idéologique, elle inclut dans cette catégorie le départ des colons et des membres de l’OAS. La deuxième raison est économique, et regroupe ceux qu’elle nomme les “petits métiers” comme les ouvriers qui étaient remplaçables par des Algériens. En 1962, après l’indépendance, elle a choisi de rester, n’ayant pas d’employeur pour la muter ni de mari à suivre. Habitant en ville, à Alger, elle ne s’est jamais sentie menacée, et a toujours eu la possibilité de travailler. Durant la période au cours de laquelle elle exerçait le métier de représentante (1950-1958), elle n’avait pas de clientèle arabe, les deux sociétés étant très séparées. Les signes de l’insurrection de 1954, l’informatrice dit que sa mère les avaient ressenties et que cette insurrection était logique dans le contexte d’indépendance des états voisins du Maghreb. L’informatrice a très peu fréquenté d’Algériens car avant 1962 les deux sociétés étaient cloisonnées et ensuite, elle ne fréquentait que le Cercle d’Européens d’Alger. Son activité d’esthéticienne à son compte lui a permis de nouer des amitiés avec des femmes algériennes, au sein de la haute bourgeoisie. L’informatrice a eu au cours de la guerre d’Algérie connaissance des différents courants de pensées. La presse l’a renseignée sur les mouvements nationalistes algériens et les discours du curé de sa paroisse relayaient le courant de pensée égalitaire insufflé par Monseigneur Scotto, que l’informatrice juge utopique. Concernant le FLN, l’informatrice n’a jamais cru à ses appels en faveurs des Européens. Elle n’a eu connaissance qu’à la fin de la guerre que des Européens ont été arrêtés et exécutés pour avoir combattu aux côtés du FLN. Après l’indépendance, elle n’a eu aucun problème pour vivre en Algérie. Elle n’a pas pris la nationalité algérienne et n’est pas retournée en France depuis 13 ans. Durant l’époque coloniale l’informatrice est bien consciente que les Algériens étaient victimes d’inégalités et que cela constitue une des raisons de l’insurrection. Quant aux exactions, l’informatrice reconnaît qu’il y a eu des débordements de l’armée française mais estime que les exactions concernaient les deux camps.
Ancienne cote : D3271
Ancienne cote : N° confidentiel de l'informatrice dans l'ouvrage d'Hélène Bracco : 22
Caractéristiques matérielles et contraintes techniques : Qualité sonore de l'enregistrement : moyen.
Reproduction(s) numérique(s) : Numérisation disponible en ligne
Sujet : Paris (France)
Commerçants
Organisation armée secrète (France)
Tunisie
Maroc
Bourgeoisie
Scotto, Jean (1913-1993)
Front de libération nationale (Algérie)
ʿAbbās, Farḥāt (1899-1985)
Colonialisme
Racisme
1939-1945 (Guerre mondiale)
Chlef (Algérie)
Blois (Loir-et-Cher)
Souk Ahras (Algérie ; Wilaya de)
Batna (Algérie ; région)
Aurès (Algérie ; massif)
Lieu de production : Alger (Algérie)

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