Calames

Fonds Jaccoud (1830-1913)

Organisme responsable
Académie nationale de médecine. Bibliothèque

Description : Le fonds Sigismond Jaccoud est un fonds composé presque exclusivement de diplômes, décrets, distinctions. Il ne comporte donc pas de travaux scientifiques mais reflète le cursus honorum d’un grand médecin de la fin du XIXe siècle. On y a adjoint les quelques pièces contenues dans le dossier biographique conservé à la Bibliothèque de l’Académie.
Biographie ou Histoire :
Né Suisse en 1830, il se rend à Paris en juin 1849, pour y suivre des études médicales, à la suite de l’infortune financière de sa famille. Il y multiplie les petits travaux alimentaires : leçons de musique, violon dans différents théâtres, courtier de librairies, précepteur. Il est premier au concours de l’externat en 1854, interne dès 1855. En 1859, l’obtention de la médaille d’or à l’issue de son internat, lui donne droit à deux années d’internat supplémentaire. En 1860, il passe sa thèse inaugurale : Des conditions pathogéniques de l’albuminurie, marquée par l’utilisation d’une bibliographie importante (30 pages de références) et par le recours à l’analyse physiologique. Il collabore à la Gazette hebdomadaire sous la direction de Dechambre. Une fois naturalisé français, en 1862, il passe les concours et est reçu premier : au médicat des hôpitaux en 1862, à l’agrégation en 1863. Sur la demande de Rayer, doyen de la Faculté de médecine, Jaccoud est alors chargé par le Ministre de l’Instruction publique d’une mission scientifique portant sur l’organisation de l’enseignement médical en Allemagne, dont le fonds d’archives garde trace. A son retour, il rédige et publie un Rapport sur l’organisation des Facultés de médecine en Allemagne (1864). Cette expérience à l’étranger le désigne naturellement pour organiser le premier Congrès médical international, en 1867, lors de l’Exposition universelle de Paris. Son activité hospitalière est marquée par les quatorze années qu’il passe à Lariboisière, de 1870 à 1883. En 1877, il est nommé professeur de pathologie interne, puis membre de l’Académie de médecine ; en 1883, professeur de clinique médicale à la Pitié ; en 1898, président de l’Académie de médecine.
A côté de son enseignement, très suivi, il publie beaucoup. Entre 1864 et 1886, il coordonne la publication des quarante volumes du Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques. Contenant des pages importantes consacrées au rhumatisme articulaire chronique, son Traité de pathologie interne (1870-1871), réédité à de nombreuses reprises, lui permet d’exposer clairement son programme de rénovation médicale : « Présenter en un traité didactique et concis l’état actuel de la science en France et à l’étranger ; appliquer à l’ensemble de la pathologie la méthode de l’analyse physiologique et pathogénique, tel est le double but que je me suis proposé dans cet ouvrage. Ces deux idées mères, l’extension des études au-delà du cercle restreint de la nationalité, l’adaptation étroite de la physiologie à la conception des phénomènes morbides et thérapeutiques ont dirigé mes travaux dès l’année 1860 ». Il est en particulier célèbre en son temps comme pourfendeur du protectionnisme scientifique, ouvert aux apports de la science étrangère. Ces archives, qui le montrent reconnu et distingué par de nombreux pays, illustrent bien cet aspect de sa personnalité. Cette curiosité pour les productions en quelque langue que ce soit, il l’érige en méthode, qu’il désigne sous le nom de « généralisation internationale des études scientifiques ».
Enfin, à la suite des travaux de Jean-Antoine Villemin sur la transmission de la tuberculose, et un an avant la découverte du bacille par Robert Koch, il publie La curabilité et le traitement de la phtisie pulmonaire (1881), où il expose la prophylaxie – méthodes de désinfection - et la thérapeutique - promouvant la résidence fixe pour les stations de cure – à mettre en œuvre, et affirme la possibilité de guérir la phtisie pulmonaire. En 1901, tout en ayant pris sa retraite de la Faculté, il devient Secrétaire perpétuel de l’Académie de médecine, poste qu’il occupe jusqu’à sa mort en 1913. C’est sous son secrétariat que s’effectue le transfert de l’Académie rue Bonaparte. Dans l’exercice de ses tâches, il se livre également à de nombreux éloges. Sigismond Jaccoud avait épousé une Italienne, Mlle de Martignoni, en 1871, qui décède en 1910. La sœur de celle-ci accompagne les dernières années du savant.
Documents en relation : L'inventaire peut être consulté sous format pdf.
Bibliographie :
P. Ménétrier, « François-Sigismond Jaccoud (1830-1913) », Bulletin de l’Académie de médecine, Tome CIV, n° 39, 9 décembre 1930, p. 588-611.
Charles Achard, « Jaccoud à l’Académie », Bulletin de l’Académie de médecine, Tome CIV, n° 39, 9 décembre 1930, p. 612-618
J. Villiaumey, « François Sigismond Jaccoud et son œuvre », Conférences de l’Institut d’histoire de la médecine, Lyon, 9 mars 1993, p. 169-190.
Sujet : Sigismond Jaccoud

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