Calames

Fonds Lannelongue (1840-1911)

Organisme responsable
Académie nationale de médecine. Bibliothèque

Description :
Dans le Bulletin de l’Académie nationale de Médecine, 1911 (séance du 20 décembre), p. 384, il est écrit : "Son œuvre scientifique est #o#…#f# des plus importantes comme étendue et comme originalité. Elle se rapporte à l’anatomie, à la tératologie, et surtout à la pathologie et à la thérapeutique chirurgicales" .
Odilon Lannelongue s’est intéressé à toutes les questions médicales importantes de son époque : la tuberculose, la syphilis, l’infection, les affections congénitales... Le fonds d’archives personnelles d’Odilon Marc Lannelongue détenu par l’Académie nationale de Médecine témoigne pleinement du souci constant de chercher à répondre aux maux de ses contemporains. Certes, il ne s’agit que d’un seul carton d’archives, aux pérégrinations vraisemblablement multiples. Ce carton rassemble des notes de travail, des notes de cours, quelques observations, des notes préparatoires à l’écriture d’un article. Tous les papiers ne sont pas de la main de Lannelongue mais semblent souvent pris sous sa dictée par certains de ses étudiants. Les notes de travail sont parvenus à l’Académie par un don du Dr Mauclaire en 1935 ; et la correspondance personnelle, entre Odilon Lannelongue et son père Raymond, a été léguée à l’Académie par une lointaine cousine, Madame Jacqueline Branet en 1995.
Le plan adopté pour le classement des archives est très simple : il distingue entre notes de travail et de préparation de cours et papiers personnels. Dans une première partie, les notes de travail sont classées selon le titre attribué par Lannelongue à ses dossiers ou selon le nom des maladies étudiées. L’ordre alphabétique a paru le plus commode pour organiser les différents dossiers. Dans la deuxième partie, se trouve la correspondance échangée entre Odilon Marc Lannelongue et son père Raymond, pendant dix ans (de 1857 à 1867). Enfin, la troisième partie comprend quelques documents personnels épars.
L’intérêt de ce fonds, compris approximativement entre 1890 et 1910, réside d’abord dans le fait d’exister : sachant que les archives personnelles de Lannelongue ont été brûlées à sa mort, les archives conservées à l’Académie nationale de Médecine ont d’autant plus de valeur. On y voit un médecin au travail, qui prend des notes sur des ouvrages, qui prépare ses cours pour la Faculté, attentif à ses patients. D’un abord facile, on fait appel à lui quand d’autres praticiens n’ont pas les réponses qui apportent le soulagement . Il se concentre sur des pathologies qui sont de véritables problèmes de santé publique, comme la tuberculose – l’un des dossiers les plus conséquents de ce fonds –, ou encore la syphilis, maladie qui l’entraîne à se poser des questions d’éthique. Il use de son pouvoir politique pour défendre les causes qui lui tiennent à cœur, comme celle de l’instauration d’un carnet de santé familial. C’est sa morale encore et sa conscience professionnelle qui le poussent à se justifier en ce qui concerne la mort de son ami Léon Gambetta, mort de n’avoir pas été opéré de l’appendicite. Lannelongue n’en finit pas d’égréner ses regrets , car il était présent auprès de Gambetta, il voulait l’opérer, mais tous les autres médecins consultés ont refusé cette opération. Le dossier concernant l’appendicite est le plus volumineux des archives, preuve qu’après la mort de Gambetta, Lannelongue continue à lire les publications concernant l’appendicite, maladie enfin clairement identifiée, aux multiples visages et complications. Enfin, les papiers personnels d’Odilon Marc Lannelongue comprennent une correspondance précieuse entre le jeune étudiant, tout juste monté à Paris pour ses études, et son père. Odilon commence par expliquer son changement de voie – élève en classe préparatoire au Lycée Saint-Louis, il décide de bifurquer vers la médecine au cours du premier trimestre. Or ce détail biographique n’était pas encore avéré . En conclusion, le fonds d’archives Odilon Marc Lannelongue, certes modeste en volume, témoigne de l’activité d’un grand médecin parisien, au tournant du XXe siècle, en pleine maturité, et rend compte de certaines de ses prises de position professionnelles et morales. De plus, il permet de percer un peu le secret de l’intimité d’un homme honoré par ses contemporains.
Conditionnement
Le fonds est composé d'une boite
Biographie ou Histoire :
Odilon Marc Lannelongue est né le 4 décembre 1840 à Castéra-Verduzan, dans le Gers, fils de Raymond Lannelongue, officier de santé, et de Antoinette Réchou. Il suit l’enseignement de l’école communale de Castéra-Verduzan ; remarqué par sa vivacité intellectuelle par son instituteur, il continue sa scolarité au Lycée Impérial d’Auch. Orphelin de mère à quinze ans, il obtient son baccalauréat brillamment en juillet 1857.
En accord avec son père, il décide de monter à Paris pour ses études, et s’inscrit, au cours du premier trimestre 1858, à la Faculté de Médecine. Il connaît alors la vie d’un étudiant pauvre, au budget toujours insuffisant, qui se bat pour améliorer sa condition par un travail acharné. C’est pourquoi au cours de sa scolarité, Odilon Lannelongue se présente à tous les concours proposés par l’Assistance Publique et par la Faculté de Médecine pour pouvoir poursuivre ses études. Il réussit le concours de l’externat – en fin de première année –, le second concours de l’externat, celui de l’internat – où il est reçu 27e sur 31 –, le concours de l’adjuvat de la Faculté de Paris, celui de la médaille d’or de l’Assistance Publique – qu’il obtient brillamment en fin d’internat –, le concours de prosecteur de la Faculté de Médecine. Lannelongue est remarqué par les patrons des services où il est nommé, notamment par Jean-François Jarjavay (à l’Hôpital Lourcine, puis à l’Hôpital Beaujon), par Gabriel Cusco (à l’Hôpital Lariboisière) – mentor exemplaire qui décide Lannelongue à choisir la carrière de chirurgien et grâce auquel il publie ses premiers articles –, également par Charles Denonvilliers (à la Charité) – qui l’entraîne à la fois à la Société de Chirurgie et à l’Association Générale des Médecins de France –, enfin par Léon Gosselin (à l’Hôpital de la Pitié). Sa thèse de doctorat, intitulée Circulation veineuse des parois auriculaires du cœur, reçoit le prix Godard décerné par la Société anatomique ; sa thèse d’agrégation, Du pied bot congénital, lui vaut la première place au concours. En août 1869, Lannelongue obtient son dernier concours, celui de Chirurgien du Bureau central de l’Assistance Publique.
Parallèlement à ses études, il est très tôt intéressé par le débat politique. Peu après son arrivée à Paris, il rencontre Léon Gambetta dont il partage les idées et dont il devient l’un des proches. Lannelongue commence sa carrière politique en succédant à son père (décédé en décembre 1873) à la mairie de Castéra-Verduzan.
En récompense de l’activité extraordinaire qu’il déploie pendant le siège de Paris, Odilon Lannelongue est promu le 22 février 1871 Chevalier de la Légion d’Honneur en tant que « chirurgien de plusieurs ambulances ». La Chambre des notaires le distingue par une médaille d’argent et une somme de 1500 F. Il rencontre à cette époque celle qui devient sa femme, le 22 novembre 1876, Marie Aglaure Cibiel, veuve de Pierre de Rémusat.
Odilon Lannelongue remporte tous les succès qu’il pouvait espérer, aussi bien dans le domaine médical que politique. Membre titulaire de la Société de Chirurgie en 1872, il dirige en 1872, le service de chirurgie de l’Hôpital Bicêtre, et à partir de 1876, celui de l’Hôpital Trousseau. Il est élu à l’Académie de Médecine en 1883 au fauteuil de Jules Cloquet, en 1884, à la chaire de pathologie chirurgicale à la Faculté de Paris, en 1886 et 1887 à la vice-présidence, puis à la présidence de la Société de Chirurgie, en 1892, à la présidence de l’Association Générale des Médecins de France, en 1895, à l’Académie des Sciences au fauteuil de Verneuil, à la présidence de la Société de Pédiatrie en 1899, à la présidence du XIIIe Congrès International de Médecine en 1900 (tenu à Paris). Le 28 août 1900, il est promu Commandeur de l’Ordre de la Légion d’Honneur, et élevé au grade d’officier de l’Ordre de Sainte-Anne de Russie et de chevalier de l’Ordre Royal de la Couronne de Prusse. Élu député de Condom (Gers) en 1893, il devient sénateur du Gers en 1906, année de la mort de sa femme Marie. Président de l’Académie de Médecine en 1911, atteint d’une pneumonie aiguë, il meurt le 12 décembre. À sa mort, sa fortune est distribuée selon sa volonté ; ses exécuteurs testamentaires et ses héritiers décident de brûler toutes ses archives, au nom du secret professionnel auquel il tenait beaucoup .
Documents en relation : L'inventaire peut être consulté en ligne, en format pdf.
Sujet : Lannelongue, Odilon Marc (1840-1911)

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