Calames

Inventaire détaillé de la correspondance de Johannes Hevelius.

Date : 1630-1686
Description physique : 16 volumes. 350 x 275 mm in-folioPapiers de formats très divers, parfois pliés.La plupart des documents sont à l'encre à l'exception de quelques documents rédigés au crayon de mine. On compte également une trentaine d'imprimés. Des dessins et graphiques, à l'encre ou colorés, ainsi que des gravures sur cuivre peuvent illustrer ou accompagner les lettres.Les lettres portent souvent des sceaux ou des cachets.La correspondance de Hevelius porte quatre cachets ou estampilles utilisées successivement à l’Observatoire de Paris. Le plus ancien est le gros cachet circulaire de la Marine (ancre et 2 fleurs-de-lys). Le second cachet le plus ancien est celui de l'Observatoire impérial (circulaire avec un aigle), suivi d'un cachet rectangulaire (fin XIX ème siècle) et un petit ovale du XX ème siècle. Seuls sont mentionné les cachets de la Marine et de l'Observatoire impérial et les sceaux.Les volumes 1 à 15 ont une reliure plein veau marron marbré. Les plats ont une couvrure ancienne, un décor à fer et un blason central doré du Dépôt de la Marine sur le plat supérieur. La couvrure du dos ancien a été ré-incrustée lors de la restauration menée en 2007-2009 : il porte un décor à l'ancre de marine et fleur-de-lys doré, une pièce de titre, une mention de dates et une ancienne cote. Le volume 16 – en trois fascicules non relié avant la restauration- a reçu une reliure en veau marbré sans décor.

Organisme responsable
Bibliothèque de l'Observatoire de Paris-Meudon - site de Paris (France)
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France
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Description :
Hevelius, reconnu pour ses travaux de topographie lunaire et auteur d'une œuvre astronomique importante, a entretenu une riche correspondance avec de nombreux scientifiques européens, chefs d'état, membres de la cour, théologiens, imprimeurs et graveurs et fabricants d'instruments de 1630 à 1686. Cette correspondance essentiellement consacrée à des questions astronomiques révèle aussi la recherche active de mécènes que faisait Hevelius et contient quelques lettres plus personnelles. Elle témoigne plus largement de la diffusion des connaissances à l'échelle européenne au moyen de réseaux scientifiques, parallèlement à l'apparition des différentes académies de sciences et de leurs organes de communication dans les années 1660.
La correspondance de Hevelius s'organise en trois corpus de manuscrits : la collection d’autographes qui fait l’objet du présent inventaire et deux copies incomplètes qui datent du XVIIe siècle. La collection d’autographes, une des copies et cinq journaux d'observations sont conservés à la Bibliothèque de l'Observatoire de Paris, tandis que l'autre copie se trouve à la Bibliothèque nationale de France.
La collection d'autographes, qui forme au total 16 volumes reliés et contient plus de 2 500 pièces, est constituée des lettres originales reçues par Hevelius, de minutes ou de copies de ses réponses, de pièces jointes, de textes manuscrits, parfois d'imprimés, de dessins etc. ; elle contient aussi quelques insertions postérieures à sa mort.
Etant donné le nombre et la diversité des origines géographiques des lettres envoyées par les correspondants de Hevelius, la datation de certaines lettres est problématique. Tous les correspondants n’utilisent pas en effet le même calendrier. Certains ont précisé leur calendrier d’usage ou indiqué la date selon deux calendriers ; d'autres ne donnent pas de précision et certaines lettres enfin ne sont pas datées. Les dates ambiguës ou manquantes ont été restituées à partir de la pratique générale du correspondant, de l'emplacement de la lettre dans une séquence de la correspondance ou à partir de tout autre élément permettant la datation (événement astronomique, renseignements biographiques ou indications dans la réponse). A défaut d’autres indices, on a supposé que l'auteur utilisait le calendrier du lieu d’où il écrivait. Certains correspondants semblent cependant avoir eu l'habitude d'utiliser le calendrier pratiqué par le destinataire de leur lettre.
Classement : Hevelius, qui avait l'intention de publier lui-même sa correspondance, lui avait donné un classement chronologique approximatif. Cependant, différentes interventions ont ensuite pu altérer ce classement initial, notamment la reliure des volumes par la Marine, les insertions de Delisle, les soustractions et déplacements effectuées par Libri et l'intégration des pièces restituées à l'Observatoire en 1875.
Producteur du fonds ou collectionneur : Johannes Hevelius (Jan Heweliusz)
Biographie ou Histoire :
Hevelius est né le 28 janvier 1611 à Dantzig (Gdańsk) en Pologne, dans une famille germanophone des brasseurs. Destiné au commerce par son père, il est placé en pension pour apprendre le polonais. Au gymnasium, Hevelius a pour maître le mathématicien, astronome et poète, Peter Crüger, qui lui dispense une formation influencée par les débats scientifiques de l'époque.
En 1630, Hevelius quitte sa ville natale pour étudier la jurisprudence à Leyde et voyage en Europe de 1630 à 1634 : il séjourne à Londres, Paris, Lyon, Avignon et Tours. A Paris, il aurait probablement rencontré Mersenne et Gassendi. Son tour d'Europe lui permet également de faire ses premières observations d'éclipses.
De retour à Dantzig en 1634, Hevelius est reçu en 1636 à la guilde des brasseurs de Dantzig et il exerce ses responsabilités de citoyen en tant que conseiller municipal et membre du corps des sénateurs.
Après la mort de Crüger en 1639, il se consacre à l'astronomie, se dotant d’un observatoire à partir de 1641 et commençant la fabrication de ses propres instruments. En 1647 il publie ses travaux sur les observations de la Lune dans la Selenographia. Il s'est également intéressé aux tâches solaires, aux comètes ou aux observations de Venus. Grâce à l'imprimerie dont il dispose à partir des années 1660, il publie ses observations, notamment, dans les deux parties de la Machina Coelestis (1673 et 1679).
Son réseau de correspondants s'étend progressivement, la correspondance lui permettant de diffuser ses recherches, d'échanger des observations et de participer au débat scientifique européen. Le 26 septembre 1679, un incendie dévaste sa maison, son imprimerie et son observatoire, Stellaburgum, interrompant son projet d'édition de sa correspondance et ses observations. Une grande partie de sa bibliothèque et de ses manuscrits sont détruits. Il commence alors à chercher des mécènes pour publier sa correspondance, heureusement épargnée. En 1683 Johann Erich Olhoff, un de ses parents, publie les Excerpta ex literis illustrium...virorum ad...Johannem Hevelium ...prescriptis..., sélection de 203 lettres et extraits choisis.
Il reprend ses observations en 1681 dans un observatoire plus modeste. Fidèle aux observations à l'œil nu, il meurt le jour de son anniversaire, le 28 janvier 1687, à Dantzig et ses dernières publications, Prodromus astronomiae et Firmamentum Sobiescianum sive Uranographia, sont achevées par sa femme, Elisabetha Koopmann.
Provenance :
La collection d'autographes de la correspondance de Hevelius est étroitement liée au fonds Delisle. En effet, lorsque l'astronome Joseph-Nicolas Delisle se rend à l'Académie des Sciences de Russie, appelé par Catherine I, il profite de son voyage pour acquérir des manuscrits astronomiques et se procure notamment la correspondance et les journaux d'observations de Hevelius. A son retour en France, en 1747, il échange ses collections contre une rente viagère et le titre d'astronome de la Marine. Les archives Delisle et la correspondance Hevelius de ce fait, entrent au Dépôt de la Marine vers 1750, où elles seront conservées durant un demi-siècle.
En 1795, le Comité de Salut Public décide d’affecter la partie astronomique des fonds conservés au Dépôt de la Marine au Bureau des Longitudes, nouvellement fondé et qui exerçait alors une tutelle sur l'Observatoire de Paris. La correspondance de Hevelius est restée depuis lors à la Bibliothèque de l'Observatoire de Paris.
Entre 1835 et 1837, Guglielmo Libri a accès aux manuscrits de la Bibliothèque de l'Observatoire de Paris, obtenant même la permission d'en consulter certains à son domicile. Les vols qu'il pratique alors concernent surtout les archives des Cassini et le fonds Delisle, notamment la correspondance de Hevelius et les lettres des missionnaires jésuites en Chine. L'acte d'accusation contre Libri-Carucci fait état de 445 pièces volées à l'Observatoire. Lorsque Ludovic Lalanne établit le premier inventaire de la correspondance en 1850, il estime de son côté les vols de Guglielmo Libri à plus de 570 pièces. En 1875, l'enquête judiciaire permettra le retour à la Bibliothèque de l'Observatoire de 82 pièces. Celle-ci récupèrera par ailleurs deux lettres en 1920 et deux autres dans les années 2000.

La correspondance de Hevelius a fait l'objet d'une opération de restauration financée par l'Observatoire de Paris en 2007-2009.
Les travaux ayant permis la réalisation de l’inventaire ont été menés par Susan Keyes dans le cadre d’un projet de recherche cofinancé par l’Observatoire de Paris et l’Université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines, avec la participation du LabEx Patrima, puis complété par un soutien de l'Académie internationale d'Histoire des Sciences. Klaus-Dieter Herbst a contribué au projet notamment en recensant la plus grande partie de la correspondance imprimée, et Maciej Jasiński a permis d’éclairer certains points de la correspondance de Stanisław Lubieniecki. La majeure partie des données concernant les correspondances entre manuscrits et les éditions imprimées sont déjà parues dans Correspondance de Johannes Hevelius. Tome I. Prolégomènes critiques, C. Grell (éd.), Brepols, 2014 (Voir "The chronological list list of letters", de S. Keyes et K.-D. Herbst.
Plusieurs systèmes de numérotation, datant d'époques différentes, coexistent au sein des seize volumes et une même lettre peut ainsi comporter plusieurs numéros. Toutefois chaque volume comporte des pièces sans numérotation et des lacunes dans les différentes séquences numériques. Ces lacunes proviennent en grande part des insertions de Delisle et des soustractions et déplacements de pièces effectués par Libri pour dissimuler le pillage de la collection.
- Les volumes 1 à 9 ont une numérotation principale continue, à l'encre, dans la marge supérieure du premier folio des pièces. Ce numéro est surmonté d'un trait du volume 2 au volume 9. Cette numérotation a été souvent attribuée à Hevelius car l'encre et les chiffres ressemblent aux siens. A noter que deux séquences identiques de numéros se retrouvent dans les volumes 1 et 8 : Ludovic Lalanne les a différenciées dans l’inventaire qu’il a effectué en 1850 en ajoutant le préfixe "A" à la deuxième séquence.
- Les volumes 10 à 16 ont une numérotation continue, dans la marge supérieure. Elle est entre crochets pour les volumes 10 et 11 et sans crochets pour les volumes suivants. Cette numérotation a été effectuée pour préparer le micro-filmage des volumes par la Bibliothèque nationale en 1967-1968.
- Les volumes 10 à 12 portent une numérotation spécifique, à droite dans la marge supérieure, qui recommence à 1 au début de chaque volume. Ce système de numérotation a été poursuivi postérieurement dans les volumes 13 à 16.
- Les pièces à conviction gardées sous scellé et restituées à l'Observatoire en 1875 comportent un numéro de quatre chiffres arabes, à l'encre rouge, au milieu de la marge supérieure.
- Enfin, on peut mentionner plusieurs numérotations très ponctuelles : le volume 1 comporte des numéros barrés dans la marge supérieure droite, que l'on retrouve parfois dans les deux inventaires sommaires insérés par Delisle dans le premier volume.
Par ailleurs l’Observatoire de Paris a attribué à chaque volume une cote alphanumérique (A74 à A89) : celle-ci a été portée à l'encre, dans la marge inférieure à gauche, en général sur le premier manuscrit de chaque volume après la reliure par la Marine.
Pour les besoins de l’encodage et de la mise en ligne de l’inventaire de la correspondance Hevelius, il a été nécessaire de donner à chaque unité documentaire un identifiant unique composé de la cote du volume et d’un numéro, correspondant à l’ordre matériel des documents dans les volumes. Cet identifiant, qui tient lieu de cote et permet de restituer l’organisation matérielle de chaque volume, n’est pas reporté sur les unités documentaires.
Conditions d'accès : Pour des raisons de conservation et compte tenu de l'existence de reproductions, les manuscrits originaux ne sont pas communiqués. Toute demande de dérogation doit être motivée.
Autre support :
Microfilms n°425 à 445.
La correspondance a été numérisée en 2012 par la société Azentis en 400 dpi couleur (24 bits par pixel) et en mode simple page.
Documents en relation :
La plupart des pièces volées par G. Libri dans la correspondance de Hevelius ont été acquises par la Bibliothèque nationale en 1888 et se trouvent sous les cotes NAL 1639 à NAL 1642, NAF 5856 et NAL 1554.
Il existe deux copies de la correspondance de Hevelius. La « grande » copie est conservée à la Bibliothèque nationale de France sous les cotes Latin 10347, Latin 10348 et Latin 10349. Une copie partielle et secondaire se trouve à la Bibliothèque de l'Observatoire de Paris sous la cote C 2/5.
Bibliographie :
Des contributions permettant d’appréhender les problématiques posées par la correspondance de Hevelius se trouvent dans Correspondance de Johannes Hevelius. Tome I. Prolégomènes critiques, sous la dir. de C. Grell, Brepols, 2014. Voir notamment le chapitre sur Libri et l'histoire des vols à l'Observatoire : S. Keyes, "The thefts of Guglielmo Libri (1802-1869) and their consequences", p. 179-219 ; celui concernant la description physique du corpus : S. Keyes, "Description of the manuscripts", p. 221-251, enfin la liste chronologique des lettres de la correspondance établie par S. Keyes et K.-D. Herbst ("Chronological list of letters", p. 279-528). Cet ouvrage contient également des bibliographies et une liste des correspondants de Hevelius.
On se réfèrera aussi utilement aux ouvrages et articles suivants :
BÉZIAT (L. C.), "La vie et les travaux de Jean Hevelius", dans Bullettino di bibliografia e di storia delle scienze matematiche e fisiche. Tome IX, Rome, 1876, p. 185-200.
HERBST (Klaus-Dieter), "Hevelius's correspondence with scholars in Leipzig" dans Jarosław, R. Kremer (éds.), Johannes Hevelius and his world : Astronomer, cartographer, philosopher, and correspondent, Varsovie : Polska Akademia Nauk, Instytut Historii Nauki, 2013, p. 201-211, (Studia Copernicana, 44).
KEYES (Susan), "The correspondence of Hevelius at the Paris Observatory", dans Johannes Hevelius and his world : Astronomer, cartographer, philosopher, and correspondent (Studia Copernicana, 44), (J. Jarosław ; R. Kremer, éd.), Varsovie : Polska Akademia Nauk, Instytut Historii Nauki, 2013, p. 185-200.
LALANNE (Ludovic), BORDIER (Henri), Dictionnaire de pièces autographes volées aux bibliothèques publiques de la France, Paris : Panckoucke, 1851. (sur la description des manuscrits volés à l'Observatoire)
KOHL (Johann Peter), "De epistolis a Jo. Hevelio partim", dans Actorum eruditorum Supplementa, Leipzig, 1729, IX, Sect. VIII, p. 359-370.
SCHWARZ (Friedrich), "Hevelius-Briefe" dans Mitteilungen des Westpreußischen Geschichtsvereins, 24, Gdańsk, p. 64-72.
#o#SEYLER (Georg Daniel)#f#, "XII. Johannis Hevelii, berühmten Astronomi, Leben und Schriften" dans Erleutertes Preußen oder Auserlesene Anmerckungen, ueber verschiedene zur Preußischen Kirchen Civil- und Gelehrten- Historie gehörige besondere Dinge, Tomus II, Königsberg, 1724, p. 235-268.
SIEMIGINOWSKA (Anna), "The epistolarian legacy of Hevelius", dans Organon, vol. 24, 1988, p. 181–194.
SIEMIGINOWSKA (Anna), "L'Héritage épistolaire de Jean Hévélius", dans R. Głębocki ; A. Zbierski (éds.), On the 300th anniversary of the death of Johannes Hevelius, Varsovie : Ossolineum, The Polish Academy of Sciences, 1992, p. 165-173.
WESTPHAL (Johann Heinrich). Leben, Studien und Schriften des Astronomen Johann Hevelius, Königsberg : in der Universitäts Buchhandlung, 1820.
Producteur du fonds ou collectionneur : Heweliusz, Jan (1611-1687)
Delisle, Joseph-Nicolas (1688-1768)

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