Calames

Fonds Écologie-Féminisme, 33 AF

Date : avril-octobre 1974
Description physique : Le fonds se compose d'un article de 15 feuillets..

Organisme responsable
Bibliothèque universitaire d'Angers
5, rue Le Nôtre
49045 ANGERS Cedex
france.chabod@univ-angers.fr
Site web de la bibliothèque d'Angers

Description : Le fonds Écologie-Féminisme contient de la documentation : tracts, numéros de périodiques, lettre ouverte.
Classement : Documentation du mouvement Écologie-Féminisme (33 AF 1)
Producteur du fonds ou collectionneur : Écologie-Féminisme
Biographie ou Histoire :
Naissance du mouvement écoféminisme :
L’écoféminisme est une philosophie et un mouvement né de l’union des pensées féministe et écologique. Il ne s’agit pas d’une simple juxtaposition des deux termes, de l’addition de deux courants de pensée, mais bien d’un nouveau concept établissant les liens entre les deux. L’écoféminisme a mis au cœur de sa réflexion les connexions entre la domination des hommes sur la nature et celle qu’ils exercent sur les femmes. Même si les principes sont déjà décrits par Rachel Carson dans son ouvrage Silent Spring, publié en 1962, le terme écoféminisme est introduit pour la première fois par Françoise d’Eaubonne dans son livre Le féminisme ou la mort, publié en 1974. La tendance écoféministe, animée par Françoise d’Eaubonne, est fondée par des dissidentes du Front féministe, avec quelques femmes venues d’un groupe du MLF, d’autres du groupuscule Évolution (créé en 1970, après les États généraux de la femme et en réaction contre eux), et surtout de femmes indépendantes de tout mouvement et parti. Elles créent le centre d’information « Écologie Féminisme Centre », destiné à devenir le creuset d’une analyse et le départ d’une nouvelle action : l’écoféminisme, sur la base des idées de Françoise d’Eaubonne.
La pensée de Françoise d’Eaubonne :
Françoise d'Eaubonne est la première à conceptualiser la pensée écoféministe. Les sources de sa pensée sont plurielles : elle fait la synthèse des pensées de Simone de Beauvoir (Le deuxième sexe, publié en 1949) et de Serge Moscovici (La Société contre nature, publié en 1972), synthèse du féminisme et de l’écologie politique. Françoise d’Eaubonne reprend la remise en cause par Simone de Beauvoir de l’essentialisation des rôles sociaux attribués aux hommes et aux femmes. Elle met l’analyse féministe de Simone de Beauvoir en perspective avec la pensée de Serge Moscovici, l’écologie politique, et notamment avec sa remise en cause de la notion de nature. La nature n’existerait pas en elle-même, elle serait une construction sociale utilisée pour légitimer l’ordre existant.
Les grandes lignes de la pensée écoféministe :
L’écoféminisme affirme qu’il est temps de rapprocher deux combats menés jusqu’alors séparément. Françoise d’Eaubonne fait une dénonciation du patriarcat qui a réussi à dominer et soumettre les deux sources de la vie : la femme et la nature. Selon elle, deux menaces planent sur l’humanité : la surpopulation et la destruction des ressources. Le système mâle en porterait l’entière responsabilité. Le capitalisme serait le dernier stade du patriarcat. Dans Le Féminisme ou la mort, elle écrit qu'il s’agit « d’arracher la planète au mâle d’aujourd’hui pour la restituer à l’humanité de demain, car si la société mâle perdure, il n’y aura plus demain d’humanité ». Mais il ne s’agit pas d’un simple renversement, car elle ajoute dans ce même ouvrage : « non pas le matriarcat mais la fin du pouvoir pour libérer l’humanité dans son ensemble ». L’égalité hommes-femmes est la condition sine qua non à un changement radical de civilisation. En libérant la femme, le féminisme libère l’humanité toute entière.
L’impact de la pensée écoféministe :
Le groupe autour de Françoise d’Eaubonne « Écologie Féminisme Centre » est à l’origine de tracts et de pétitions, comme l’appel à la grève de la procréation en 1974, lors de la conférence de Bucarest sur la population (contre le patriarcat, le sexisme et les centrales nucléaires). Cependant, si l'appellation « écoféminisme » a été introduite par Françoise d’Eaubonne, c’est dans les pays anglophones et au Canada que l’idée s’est développée jusqu’à former un courant indépendant. En France, le succès a été plus que limité. Solange Fernex est la seule parmi les « mères fondatrices » des Verts à porter l’écoféminisme. Malgré tout, le courant connaît un certain regain depuis la fin des années 1990. La philosophe Élisabeth Badinter estime « qu’il faut se méfier de la reprise politique de l’écoféminisme tel qu’il est théorisé actuellement ». Dans son livre Le Conflit : la femme et la mère, de 2010, elle craint que le courant écologiste ne pousse les femmes vers « un destin régressif ». De leur côté, les travaux d’Anne Lise Gandon, doctorante à Lyon, étudient le lien entre l’écoféminisme et les stratégies de mise en œuvre du développement durable. L’écoféminisme reste actif dans les pays anglo-saxons et au Canada. En France, l’écoféminisme se mêle à une nouvelle tendance éco-responsable, mais n’est revendiqué comme tel par aucune personnalité. Il n’existe aucun groupe important structuré. Les théories de Françoise d’Eaubonne ont inspiré des mouvements restés très minoritaires, comme celui de la Décroissance, ou celui du refus de procréer, véritable engagement pour lutter contre la surpopulation de la planète. Ce mouvement « Child free » reste assez flou et est moins important en France qu’aux États-Unis, même si, en mai 2010, a été organisée à Paris « une fête des non parents ». Les documents du fonds, bien que limités dans le temps, témoignent des problématiques mises en avant par l’écoféminisme.
Provenance : On ne sait pas comment ces archives sont arrivées à l'Institut d'Histoire Sociale (IHS-CGT).
Modalités d'entrée dans la collection : Don de l'Institut d'Histoire Sociale (IHS-CGT) à la bibliothèque universitaire d'Angers le 23 mai 2008, validé en conseil de gestion de l'université d'Angers le 13 novembre 2012. Pour l'équipe de l'IHS-CGT, l'archiviste responsable de la collecte des archives confédérales de l'IHS-CGT, Aurélie Mazet, a envoyé par courrier postal cette enveloppe d'archives à la responsable des fonds spécialisés de la bibliothèque universitaire d'Angers, France Chabod, à cette même date.
Accroissements : Ce fonds est clos
Caractéristiques matérielles et contraintes techniques : Les feuillets sont jaunis, mais en assez bon état, à l'exception d'un feuillet un peu déchiré en bas de page.
Conditions d'accès :
Archives privées.
L'ensemble de ces archives privées est consultable sur place, sans restriction.
Conditions d'utilisation : Les photographies sans flash sont autorisées, après signature d'un engagement spécifique.
Documents en relation :
À la bibliothèque universitaire d'Angers :
Fonds d'archives Jean Cussat-Blanc : cote R 820 000, et précisément la cote R 820 089
Documents en relation :
Dans un autre centre d'archives :
Fonds d'archives Françoise d'Eaubonne à l'IMEC (Institut mémoires de l'édition contemporaine) : cote ABN (47 boîtes d'archives ; 115 imprimés)
Autre instrument de recherche : Ce répertoire numérique détaillé est téléchargeable sur le site web de la BU d'Angers. Il est disponible en version papier au bureau de renseignements de la BU d'Angers.
Bibliographie :
Ouvrages : :
Eaubonne, Françoise d'. Le Féminisme. Paris : A. Moreau, 1972.
Eaubonne, Françoise d'. Le Féminisme ou la mort. Paris : P. Horay, 1974.
Eaubonne, Françoise d'. Écologie, féminisme : révolution ou mutation ? Paris : Éditions ATP, 1978.
Moscovici, Serge. La société contre nature. Paris : Seuil, 1972.
Mies, Maria, Shiva, Vandana. Écoféminisme. Paris : L'Harmattan, 1999.
Schulthess, Elisabeth. Solange Fernex, l'insoumise : écologie, féminisme, non-violence. Gap : Y. Michel, 2004.
Anne Lise Gandon : « L’écoféminisme : une pensée féministe de la nature et de la société », in : Recherches féministes, volume 22, numéro 1, p. 5-25.
Monique Dental : « Au croisement du féminisme et de l’écologie : l’écoféminisme », in : site Égalité info, 31 juillet 2012.
Texte dactylographié (non publié) de Marie-Anne Guéry sur le mouvement Écologie-Féminisme (aucune modification ni correction n'ont été apportées à ce texte de six pages, inséré à l'état brut avec les archives de ce mouvement).
Information sur le traitement : Ce répertoire numérique détaillé a été rédigé en mars 2013 par France Chabod, bibliothécaire responsable des fonds spécialisés au SCD d'Angers, avec l'aide de Marie-Anne Guéry qui a rédigé la bibliographie, la notice historique du mouvement Écologie-Féminisme et les deux textes de présentation sur le site web de la BU d'Angers (rubrique Fonds d'archives). Ces textes ont été relus par France Chabod.
Evaluation et tris : Aucun document n'a été éliminé.
Producteur du fonds ou collectionneur : Écologie-Féminisme
Oeuvre : Silent Spring
Le féminisme ou la mort
La pensée de Françoise d’Eaubonne :
Le deuxième sexe
La Société contre nature
Les grandes lignes de la pensée écoféministe :
Le Féminisme ou la mort
L’impact de la pensée écoféministe :
Le Conflit : la femme et la mère

Si vous voyez cette page, c'est probablement que vous utilisez un navigateur Web (ou une version) qui ne supporte par certaines normes Web.
Nous vous conseillons de mettre à jour votre navigateur ou de choisir un navigateur comme Firefox.
Si le problème persiste, merci de nous informer en indiquant le nom et la version de votre navigateur à : https://stp.abes.fr/node/3?origine=calames/