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Fonds Réchard, Marie-Josèphe, 29 AF 15-29

Date : 1912-2006
Langue : Documents en français
Description physique : 0,50 ml (15 articles) et 2 portfolios. Le fonds contient trois photographies et des documents de grand format comme des affiches et des journaux conservés dans des portfolios aux dimensions adaptées..

Organisme responsable
Bibliothèque universitaire d'Angers
Centre des Archives du Féminisme
5, rue Le Nôtre
49045 ANGERS Cedex
bu.univ-angers.fr/contact
Site web de la bibliothèque

Description :
Le fonds de Marie-Josèphe Réchard comporte de la documentation sur ses nombreux engagements associatifs. Ces archives reflètent l’activité intense de Marie-Josèphe Réchard et ses opinions féministes, pacifistes et politiques. Il est important de préciser que le fonds ne contient pas de documents relevant de l’intimité de la féministe, comme de la correspondance familiale ou des photographies de famille, puisque ses héritiers ont souhaité donner les documents se rapportant uniquement aux activités militantes de leur mère.
En revanche, l’abondante documentation sur les activités de Marie-Josèphe Réchard est très intéressante pour connaître les relations et les échanges qui s’opéraient entre les associations de l’époque. Celles-ci étaient parfois amenées à se réunir dans un groupement pour augmenter leur force ou leur visibilité. Les archives de ce fonds permettent également de se rendre compte de l’important travail que devait fournir Marie-Josèphe Réchard en tant que présidente de groupe local et de fédération régionale. De même, le fonds contient une importante documentation rassemblée par Marie-Josèphe Réchard au sujet de ses préoccupations féministes et de l’actualité vécue par elle et les membres de sa famille (comme la vie politique française, le déclenchement de la guerre, la période d’Occupation du territoire français...).
En plus des archives produites par Marie-Josèphe Réchard, le chercheur pourra trouver des archives produites par la famille de cette féministe, par sa fille, Camille Brugidou et sa petite-fille, Florence Waechter, plus précisément. Les documents en question ont été créés bien après le décès de leur parente. La famille a ainsi réalisé une brochure pour raconter l’histoire des époux Réchard, de leur naissance jusqu’à la fin de leur vie. La rédaction de cette brochure a incité la famille à extraire des documents, présents dans les papiers de Marie-Josèphe Réchard, qui ont été par la suite numérisés pour illustrer la brochure. Ceux-ci sont des documents remarquables par leur support (photographie, carte postale) ou par leur contenu. Ces documents produits et manipulés par la famille, même s'ils n’appartiennent pas au fonds de Marie-Josèphe Réchard, ont été conservés suite à leur don pour leur intérêt précieux comme source d’information complémentaire au fonds.
Classement :
Afin d’organiser le fonds à plusieurs reprises manipulé, l’ordre des documents fut établi selon les engagements de Marie-Josèphe Réchard au sein de plusieurs associations et sa documentation produite. Ses convictions étaient partagées par son époux - et elle partageait les convictions de celui-ci - sur de nombreux sujets, en particulier sur la défense de la paix. Pour témoigner de ces échanges au sein du couple Réchard, les documents concernant leurs activités militantes communes ont été regroupés et figurent dans la première partie du plan de classement. Sont ensuite classées les différentes participations de Marie-Josèphe Réchard dans la vie associative au sein de plusieurs organisations de lutte contre la prostitution réglementée ou de protection de l’enfance. Enfin, il a été choisi de disposer à la suite la documentation rassemblée, renseignant sur les centres d’intérêts de la famille et ses convictions.
Les documents produits ou rassemblés par les descendants de Marie-Josèphe Réchard ont été conservés pour leur intérêt informatif mais sont clairement séparés du fonds de Marie-Josèphe Réchard par leur position dans le classement. Disposés à la fin du fonds, ils sont regroupés sous l’appellation « Documentation complémentaire au fonds de Marie-Josèphe Réchard ».
Producteur du fonds ou collectionneur : Marie-Josèphe Réchard
Biographie ou Histoire :
Marie-Josèphe Louise Sigonneau naît le 12 mars 1895 à Cholet (Maine-et-Loire), au domicile de ses parents, Victor Auguste Sigonneau (1850-1920) et Joséphine Louise Vincent, épouse Sigonneau (1850-1931). Son père exerce la profession d’instituteur en tant que directeur de l’école publique de la rue des Bons-Enfants à Cholet et sa mère est femme au foyer. Le couple a cinq enfants, Renée, Louise, Victor, Henri et Marie-Josèphe. Toute la carrière de Victor Auguste Sigonneau s’est effectuée dans l’enseignement : après avoir poursuivi ses études à l’Ecole Normale, il devient instituteur adjoint à Angers, obtient un poste à l’école d’Ingrandes (Maine-et-Loire), puis est nommé directeur d’école à Cholet. Joséphine Vincent, fille de négociant, épouse son mari en 1875. Profondément croyante, elle éduque ses enfants dans la tradition et les valeurs catholiques.
Marie-Josèphe Sigonneau, comme ses deux sœurs, se destine à l’enseignement en suivant le parcours de son père et prépare, au Lycée de Versailles, son entrée aux É coles normales supérieures de jeunes filles de Sèvres ou de Fontenay-aux-Roses. La fratrie découvre dans sa jeunesse le mouvement de Marc Sangnier, le Sillon, mouvement de tendance catholique sociale.
Marie-Josèphe Sigonneau épouse, le 15 décembre 1919, Camille Joseph Gabriel Marie Réchard, militaire. Blessé à de nombreuses reprises pendant la guerre 1914- 1918, Camille Réchard doit être amputé du bras droit en 1914. Récompensé pour ses actes de courage, il est nommé chevalier de la Légion d’honneur et est décoré de la Military Cross . En 1918, il est affecté comme capitaine à l’Etat-major du gouverneur de la place de Metz. Après leur union, le couple passe quelques mois à l’Ecole des officiers de Saint-Maixent (Deux-Sèvres) où Camille Réchard a été reçu en 1914. Suite au traité de Versailles, Marie-Josèphe Réchard accompagne son mari dans la Rhénanie occupée par l’armée française, à Mayence (Allemagne).
Le foyer familial s’agrandit avec les naissances de Josèphe (1920), puis Camille (1922), Louis (1924) et Marc (1926). Marie-Josèphe Réchard élève ses enfants dans la tradition des valeurs chrétiennes, en transmettant sa foi et en attachant une grande importance aux liens familiaux. En Allemagne, Marie-Josèphe Réchard s’intéresse aux questions sociales et internationales, multiplie les rencontres et les discussions, notamment avec des connaissances allemandes. Elle prend le temps d’échanger avec elles et de les comprendre. Ces discussions avec ces femmes détentrices du droit de vote permettent à Marie-Josèphe Réchard de se forger une position suffragiste pour les femmes françaises. Durant son séjour, le couple renforce également ses convictions pacifistes, notamment grâce à leur engagement politique en faveur de Marc Sangnier, partisan de la paix internationale. De cette période de sa vie, Marie- Josèphe Réchard forge ses opinions pacifistes et démocratiques qui expliquent son engagement pour l’obtention du droit de suffrage pour les femmes et pour l’organisation de la paix entre les nations. En 1926, Camille Réchard prend sa retraite de commandant de l’armée et s’installe à Niort dans les Deux-Sèvres comme expert- comptable. Le couple acquiert une maison dans la commune niortaise, à laquelle les époux attribueront le nom de la Gastaudière.
Dès son retour en France, Marie-Josèphe Réchard s’engage dans l’action associative, comme dans la Ligue française pour le relèvement de la moralité publique, où elle participe à la création du groupe de Niort et devient secrétaire de ce groupe jusqu’en 1929. Elle adhère également en 1927 à l’Union française pour le suffrage des femmes (UFSF) et elle devient présidente du groupe niortais en décembre de la même année. Son objectif est alors de fonder des groupes de l’association féministe dans le département, pour multiplier le nombre d’adhérents et augmenter la force de l’association dans les Deux-Sèvres. Ainsi, une fois par mois, sont tenues des conférences ou causeries sur la condition féminine dans les chefs-lieux d’arrondissement ou de canton du département pour rallier l’opinion publique à la nécessité du suffrage féminin. Malgré une vie familiale très remplie avec les naissances de Marie-France en 1929, de Noëlle en 1931 et de ses jumeaux Marie- José et José-Maria en 1933, Marie-Josèphe Réchard a un rôle très actif dans l’association féministe et se déplace régulièrement à Paris, comme en 1929 pour assister aux Etats généraux du féminisme. Tout en conservant son statut de déléguée du département des Deux-Sèvres, Marie-Josèphe Réchard devient secrétaire générale de la fédération du centre-ouest, suite au congrès régional de Niort en 1930, puis, lors de la création de la fédération de l’ouest, au congrès de Tours en 1932, elle est élue présidente de cette nouvelle fédération régionale. Par la même occasion, elle devient membre du comité central. Pour Marie-Josèphe Réchard, très attachée aux valeurs familiales, la femme doit acquérir le droit de vote car elle revendique le droit des mères à participer à l’élaboration des lois qui régissent la vie de leurs enfants. Le vote est pensé comme un moyen supplémentaire pour une mère de protéger ses enfants. La mère de famille nombreuse soutient également le fait que les femmes doivent avoir la possibilité et le droit de travailler pour subvenir aux besoins de leurs familles et augmenter les revenus de leurs foyers.
Parallèlement à ses activités féministes, Marie-Josèphe Réchard soutient les activités de son mari dans les associations des blessés de guerre et dans le mouvement pacifiste de Marc Sangnier. Camille Réchard est pendant un temps le vice-président de l’association des anciens combattants de Niort. Il s’engage auprès de Marc Sangnier, chrétien convaincu et partisan d’un catholicisme social, dans ses campagnes électorales et organise une fois par mois des réunions de la Jeune République, mouvement fondé par Marc Sangnier. Marie-Josèphe Réchard est aussi active dans la défense de la paix. Adhérente du groupe de Niort du Foyer de la paix (autre mouvement fondé par Marc Sangnier), elle est vice-présidente du comité local d’organisation du XIII ème congrès national de la paix organisé à Niort du 25 au 28 mai 1933. L’organisation de la paix entre les nations est une priorité pour cette féministe, soucieuse de l’avenir de ses enfants et de leur prospérité.
Pendant la guerre 1939-1945 et l’Occupation, la maison familiale n’est pas réquisitionnée par les Allemands, mais le couple doit loger un officier allemand et son ordonnance quelque temps. Pendant cette période difficile, Marie-Josèphe Réchard s’occupe activement du ravitaillement pour nourrir sa famille et soutient également les Petites Sœurs des Pauvres.
Après la Libération et l’entrée des femmes dans la participation électorale, Marie- Josèphe Réchard s’engage comme militante du M.R.P., Mouvement Républicain Populaire. Elle soutient activement son époux dans les associations des amputés de guerre et est le chauffeur de son mari lors de ses multiples déplacements pour sa profession. Très présente pour ses enfants, Marie-Josèphe Réchard aime rassembler sa grande famille lors de fêtes à la Gastaudière , entourée de ses 41 petits-enfants. En 1960, un accident cérébral diminue Marie Josèphe Réchard puis, en 1973, son époux décède d’un œdème au poumon. Elle décède le 7 janvier 1986 à La Châtaigneraie (Vendée).
Caractéristiques matérielles et contraintes techniques : Les photocopies des archives sont interdites. Les photographies sans flash des documents de ces fonds sont autorisées, après signature par le chercheur d'un engagement écrit.
Conditions d'accès :
Archives privées.
La communication de ces documents est libre, comme les contrats de don puis de dépôt le stipulent.
Citer sous la forme : Fonds Marie-Josèphe Réchard, 29 AF 15-29. Centre des Archives du Féminisme. BU d'Angers.
Documents en relation :
Source complémentaire au Centre des Archives du Féminisme
Fonds Cécile Brunschvicg 1AF . Ce fonds est celui de la secrétaire générale de l’Union française pour le suffrage des femmes à partir de 1910 qui devient présidente de l’association en 1924 jusqu’en 1936. Le chercheur pourra ainsi obtenir des informations sur le fonctionnement des groupes locaux de l’UFSF, en particulier sur les groupes des Deux-Sèvres, en consultant la cote 1 AF 64.
Documents en relation :
Sources complémentaires dans d’autres services d’archives
Archives départementales des Deux-Sèvres : Fonds de l’Union Française pour le suffrage des femmes 1 J 461 . Ce fonds provient du dépôt de M me Thézard, secrétaire de l’association du groupe niortais. Le chercheur pourra trouver des informations sur le groupe de Niort à partir de sa création en 1914, jusqu’à la fin des années 1930, à travers des comptes rendus de réunion, affiches, photographies...
Bibliothèque Marguerite Durand Fonds Jane Misme . Ces archives sont celles de la fondatrice puis vice-présidente de l’UFSF de 1909 à 1935.
CEDIAS-Musée social Fonds Marcelle Legrand-Falco . Ce fonds contient les archives de Marcelle Legrand-Falco (1880-1985), fondatrice de l’Union temporaire contre la prostitution réglementée en 1926.
Bibliographie :
Histoire des femmes et du féminisme :
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Guide des sources de l’histoire du féminisme de la Révolution française à nos jours, Rennes : Presses Universitaires de Rennes, 2006.
RIOT - SARCEY Michèle, Histoire du féminisme, Paris : La Découverte, 2002.
Mouvement féministe sous la III ème République :
B ARD Christine, Les filles de Marianne. Histoire des féminismes 1914-1940, Paris : Fayard, 2001.
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K LEJMAN Laurence, ROCHEFORT Florence, L’égalité en marche. Le féminisme sous la Troisième République, Paris : Presses de la Fondation nationale des sciences politiques et éditions Des Femmes, 1989.
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Associations sous la III ème République :
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DIEBOLT Evelyne, Les femmes dans l’action sanitaire, sociale et culturelle, 1901-2001 : les associations face aux institutions, Paris : Femmes et Associations, 2001.
P OUBANNE Violaine, Les groupes locaux de l’Union française pour le suffrage des femmes (UFSF), 1909-1940, mémoire de maîtrise, Université d’Angers, 2002.
Webographie :
Centre des Archives du féminisme, Bibliothèque de l’Université d’Angers et en particulier la galerie d'images du fonds d'archives Marie-Josèphe Réchard.
Association Archives du féminisme : http://www.archivesdufeminisme.fr
MUSEA : http://musea.univ-angers.fr . Consulter en particulier les expositions “Visages du suffragisme” et “Cécile Brunschvicg au coeur de la République”.
Information sur le traitement : Répertoire numérique détaillé rédigé en janvier 2012 par Hélène Rebours étudiante en première année de Master Histoire, Géographie et Document, parcours Histoire et métiers des archives. Responsable pédagogique : Bénédicte Grailles. Responsable de stage : France Chabod.
Producteur du fonds ou collectionneur : Marie-Josèphe Réchard

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