Calames

Association pour l’étude des assassinats par gaz sous le régime national-socialiste

Date : 1980-2013
Langue : français, allemand, anglais, italien
Description physique : 5 cartons.

Organisme responsable
La contemporaine

Description :
Organisées selon un plan de classement chronologique — et conservées telles que confiées à la BDIC par Anise Postel-Vinay en 2012 —, ces archives rendent compte de l’ensemble des activités de l’ASSAG depuis la naissance, en 1980, à Vienne (Autriche), d’un groupe de travail issu du Comité International des Camps, jusqu’à la dissolution de l’association, intervenue en 2008.Un premier ensemble de pièces — compte rendus de séances de travail et correspondance —, documente les activités préalables à la création de l’association en 1982 (projet « Documentation » au sein du Comité International des Camps).
Les archives produites par l’ASSAG entre 1982 et 2008 forment le cœur de ce fonds. Outre les dossiers qui concernent l’administration et le fonctionnement de l’association (constitution de l’association, rapports d’activité, rapports moraux et financiers, comptes rendus de réunions, etc.), de nombreux dossiers thématiques gardent trace, aussi, des différentes activités spécifiques de l’ASSAG. Ils documentent ainsi, par exemple : la rédaction, la publication et la diffusion des différentes éditions de l’ouvrage collectif Les chambres à gaz, secret d’Etat ; les travaux de dénonciation des négationnistes et de leurs interventions publiques — plusieurs dossiers sont consacrés à différentes « affaires » ou procès, en France (Robert Faurisson, Henri Roques), en Suisse (Mariette Paschoud) ou au Canada (procès Ernst Zundel) — ; les interventions de l’association dans les médias, lors de colloques ou à l’occasion de diverses polémiques (autour du passé nazi de Martin Heidegger, par exemple) ; ses efforts constants pour la diffusion de ses ouvrages (recherches de financements, mobilisation des membres de l’association et d’associations amies pour obtenir des subventions, etc.) ; etc. La correspondance conservée donne de précieuses informations sur les « partenaires » de l’association et les réseaux de solidarité sur lesquels elle pouvait essayer de s’appuyer. Un dossier traite aussi de la réception de Chambres à gaz, secret d’Etat après sa publication en France (coupures de presse et documentation relative à l’obtention du Prix Bernard Lecache, décerné par la Ligue Internationale contre le racisme et l’antisémitisme (LICRA) en 1984).
Enfin, un troisième ensemble regroupe les archives liées à la dissolution de l’ASSAG (en avril 2008) et aux derniers échanges entre ses anciens membres. Deux textes offrent aussi une perspective historique sur les activités de l’association : une « Lettre sur l’ASSAG à Anise Postel-Vinay », rédigée en 2012 par Jean-Pierre Faye, et la transcription d’un entretien entre Anise Postel-Vinay et Franck Veyron, responsable du service des archives de la BDIC, réalisé à l’occasion du dépôt du fonds.
Classement : Le plan de classement d’origine (classement d’Anise Postel-Vinay, trésorière de l’ASSAG et donatrice du fonds) a été strictement respecté.
Producteur du fonds ou collectionneur : Association pour l’étude des assassinats par gaz sous le régime national-socialiste
Biographie ou Histoire :
L’Association pour l’étude des assassinats par gaz sous le régime national-socialiste (ASSAG) a été créée à Paris en avril 1982, en réaction à la diffusion croissante, à la fin des années 1970, des « thèses » négationnistes. Ses objectifs étaient les suivants : « rechercher et contrôler les éléments apportant la preuve de l'utilisation des gaz toxiques par les responsables du régime national-socialiste en Europe pour tuer les personnes de différentes nationalités » et « contribuer à la publication de ces éléments de preuve », en prenant à cet effet « tous les contacts utiles au plan national et international » (extrait des statuts de l’association). Présidée par Germaine Tillion, elle avait Georges Wellers comme vice-président, Jean Gavard comme secrétaire général, Serge Choumoff comme secrétaire général adjoint et Anise Postel-Vinay comme trésorière. Association de taille volontairement réduite, elle comptait dans ses rangs Renée Aubry, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Jacques Delarue, Jean-Pierre Faye, Augustin Girard, Adelaïde Hautval, Bernard Jouanneau, Joseph Rovan, Adam Rutkowski et Pierre Vidal-Naquet.
Deux ans avant la création de l’association, la nécessité de réunir et de publier une « documentation » rigoureuse sur les gazages de masse avait d’abord été évoquée en 1980 par Serge Choumoff et Jean Gavard (tous les deux anciens déportés) lors d’une réunion du Comité international des camps. L’année suivante, en juin, à Bonn, le Comité constitua un groupe de travail international ayant pour mission d’établir de façon scientifique la réalité des assassinats par gaz (qu’il s’agisse des asphyxies dans les « centres d’euthanasie », dans les camions à gaz, dans les centres de mise à mort de l’Est ou dans certains camps de concentration) et de publier un ouvrage, en langue allemande, sur le sujet. Hermann Langbein, journaliste et ancien déporté, secrétaire du Comité international des camps, fut chargé de coordonner la rédaction de ce livre, avec Eugen Kogon et Adalbert Rückerl.L’ASSAG fut finalement déclarée en préfecture en avril 1982, lorsque les initiateurs de ce travail éprouvèrent le besoin de se constituer en association afin de mieux organiser leurs travaux de recherche et de trouver des financements pour la publication prévue. Dès sa création, la durée de vie de l’association était ainsi envisagée comme limitée dans le temps. De fait, en 2008, elle a fait le choix de s’auto-dissoudre.
Composée surtout à partir de documents administratifs des années 1930 et 1940, ainsi que sur les actes des procès d’après-guerre (procès de Nuremberg et procès ultérieurs), un ouvrage collectif — Nationalsozialistische Massentötungen durch Giftgas — fut ainsi publié en 1983 en Allemagne par les éditions Fischer. Sa traduction en français, Les chambres à gaz, secret d’Etat, paru l’année suivante aux éditions de Minuit avant de faire l’objet de deux éditions en poche, en 1987 d’abord (« édition entièrement revue et mise à jour compte tenu, notamment, de la deuxième édition allemande chez Fischer ») puis en 2000 (« troisième édition revue et mise à jour, compte tenu notamment de l'édition américaine », l’ASSAG ayant en effet assumé aussi, en 1993, une édition en l’anglais de l’ouvrage, aux Etats-Unis, sous le titre Nazi mass murder : a documentary history of the use of poison gas).
Les archives gardent trace de cette intense activité éditoriale, qui constituait le cœur des activités de l’association. A leur lecture on constate notamment que pour ses frais de recherche, de traduction et de diffusion, l’ASSAG bénéficia de l’appui matériel ou du soutien financier d’autres associations dont elle était proche — comme par exemple l’ADIR (Association nationale des déportées et internées de la Résistance) ou plusieurs associations et amicales d’anciens déportés —, ainsi que d’aides du Ministère des anciens combattants, du CNRS et des institutions européennes.Ayant mené à bien sa première mission, l’ASSAG entreprit ensuite la préparation de la publication intégrale des études sur les chambres à gaz de Hartheim, Mauthausen et Ravensbrück ainsi que celle de l’article Les assassinats nationaux-socialistes par gaz en territoire autrichien, de Pierre Serge Choumoff, textes publiés en annexes de l’ouvrage de Germaine Tillion sur Ravensbrück (Ravensbrück, Seuil, 1988). L’association s’intéressa aussi à la diffusion d’ouvrages scientifiques, comme par exemple Ravensbrück. Un complexe concentrationnaire, de Bernhard Strebel (Fayard, 2005).
Modalités d'entrée dans la collection : Don de Madame Anise Postel-Vinay, trésorière de l’association, enregistré le 10 septembre 2012 sous le numéro D 81022.
Conditions d'accès : Consultable sur dérogation, après autorisation préalable de La contemporaine.
Conditions d'utilisation : Toute reproduction ou publication des documents est soumise à autorisation préalable.
Citer sous la forme : Fonds ASSAG. La contemporaine. ARCH 0026.
Documents en relation : Fonds Association nationale des anciennes déportées et internées de la Résistance (ADIR). BDIC. F delta res 0797 et ARCH RES 0002.
Evaluation et tris : Aucune élimination n’a eu lieu.
Producteur du fonds ou collectionneur : Association pour l’étude des assassinats par gaz sous le régime national-socialiste (Paris)
Propriétaire préc. : Postel-Vinay, Anise
Sujet : Association pour l’étude des assassinats par gaz sous le régime national-socialiste (Paris)
Guerre mondiale (1939-1945) -- Camps de concentration -- Chambres à gaz - National-socialisme
Crimes contre l'humanité
Crimes contre l'humanité -- Négation
Guerre mondiale (1939-1945) -- Camps de concentration -- Fours crématoires
Guerre mondiale (1939-1945) -- Camps de concentration
Shoah
Antisémitisme
Négationnisme (Shoah)
Euthanasie
Genre(s), forme(s) et fonction(s) : correspondance

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