Calames

AP Fonds Albert Paulin

Date : 1922-1955
Description physique : 9 boîtes. 2,12 m.

Organisme responsable
Centre d'histoire sociale du XXe siècle

Organisme responsable

9, rue Malher
75004 Paris
Tél. : 01 44 78 33 87
Site web du CHS

Description :
Le fonds du député socialiste Albert Paulin comprend trois parties. La première (1-AP) est relative aux activités parlementaires de Paulin, de 1924 à 1939, au sein de la SFIO et du Groupe Parlementaire de Défense Nationale de l’Artisanat. Elle constitue la documentation quantitativement la plus importante du fonds. Les divers dossiers portent surtout sur différentes mesures législatives pour la défense de l’artisanat et rendent compte d’une activité intense à la Commission du Travail dont Paulin a été président. Parmi les nombreuses propositions et projets de loi figurent, notamment, les dossiers concernant le Crédit Artisanal (1927-1934), l’apprentissage artisanal (1925-1932), et des questions de politique sociale (1925-1931).
La deuxième partie (2-AP) a trait à l’activité syndicale de Paulin de 1926 à 1932 au sein de la Confédération Générale de l’Artisanat. D’un point de vue chronologique, l’engagement syndicale de Paulin se déroule presque parallèlement à son engagement politique. Ces dossiers concernent la situation de l’artisanat à Clermont-Ferrand dont il avait été conseiller général, et contiennent également des brochures et des revues produites par la Confédération Générale de l’Artisanat entre 1927 et 1939. Les documents sur l’activité parlementaire témoignent de l’effort de Paulin pour garantir la protection des droits et des conditions économiques des catégories artisanales. Les dossiers concernant le syndicat sont surtout constitués de rapports et de correspondance qui rendent compte, de manière complémentaire, des conditions de l’artisanat français à l’échelle local, ainsi que de l’activité du syndicat des artisans de l’époque.
La troisième partie du fonds, datée de 1922 jusqu'à la mort de Paulin, survenue le 29 septembre 1955 est un recueil de documentation et contient de la presse, des dossiers de presse, des bulletins, des rapports parlementaires et syndicaux et des sources législatives. Dans ces dossiers, une note non datée est vraisembleblement à mettre en relation avec la rédaction d’une brochure publiée par Paulin dans l'immédiat après-guerre dans laquelle il justifie son vote en faveur des pleins pouvoir au Maréchal Pétain, à la Chambre du 10 Juillet 1940. Ce vote marquera la fin de sa carrière politique.
Parmi les documents de cette dernière partie, on trouve également ceux liées aux milieux de la Résistance et de la gauche de l’après-guerre qui peuvent contribuer à la reconstruction d’un parcours biographique qui ne se borne pas uniquement au soutien (temporaire) au régime de Vichy, mais qui témoigne d’un engagement - tout compte fait cohérent - dans le mouvement syndicale et politique de l’entre-deux-guerres.
Classement :
Le Fonds Albert Paulin a été donné au CHS par sa fille, Madame Jamet, en 1980. Ce don était à l'origine composé des deux grands cartons de documents, ainsi que par de livres et de brochures de la période 1900-1940. Ces livres et ses brochures ont été intégrée dans la bibliothèque du CHS.
A son arrivée, la partie du fonds consacrée à l’activité parlementaire et syndicale de Paulin faisait l'objet de dossiers thématiques qui ont été maintenus. Cependant, pour cet inventaire, un travail de réorganisation à a été nécessaire à l’intérieur de chaque dossier complété par l’ajout d’autres documents du fonds qui, tout en concernant sa thématique s’en trouvaient exclus.
La troisième partie concernant la documentation réunie par le producteur a été inventoriée selon la typologie des documents et par ordre chronologique.
Biographie ou Histoire :
Né le 21 novembre 1881 à Levet (Cher) ; mort le 29 septembre 1955 à Sayat (Puy-de-Dôme) ; tailleur-coupeur d’habits puis publiciste ; secrétaire de l’Union régionale des syndicats de l’habillement et secrétariat de l’Union des syndicats ouvriers du Puy-de-Dôme (1924-1933) ; secrétaire de la fédération SFIO du Puy-de-Dôme de (1908-1920 ; 1940) ; conseiller général de Clermont-Ferrand-Est (1925-1942) ; député socialiste (1924-1942).
Fils d’une couturière et d’un tailleur d’habits, également petit exploitant et politiquement républicain, Albert Paulin apprit de ses parents son métier.
De 1895 à 1899, il accomplit son Tour de France pour se perfectionner : c’est au cours de ce périple qu’il s’inscrivit en 1897 à Paris à un groupe de Jeunesses laïques, et à la fin de ce tour, qu’il adhéra en 1902 à la fois au syndicat de sa profession et au Parti socialiste français de Jean Jaurès.
A dix-neuf ans, il s’engagea dans les tirailleurs algériens. A son retour à la vie civile, il reprit son activité politique et syndicale, dans le Cher d’abord, puis en Charente. Il s’était marié avec la fille du socialiste berrichon, qui avait appartenu à la Première Internationale Philippe Apied, en 1904 à Levet (Cher). Ils eurent une fille. Il assura en 1905 la direction technique d’une usine de confection pour prêt-à-porter masculin à Clermont-Ferrand et devait désormais faire toute sa carrière politique dans le département. Quand cette entreprise fut liquidée en 1911, Albert Paulin s’établit à son compte.
De 1905 à 1914, il avait assuré l’administration et le secrétariat de rédaction de l’hebdomadaire auvergnat L’Ami du Peuple. Il était inscrit au carnet B à la vieille de la guerre.
Albert Paulin fonda le syndicat de l’Habillement et devint secrétaire de l’Union régionale des syndicats couvrant le Puy-de-Dôme et la Haute-Loire.
De 1908 à 1920, il fut secrétaire de la Fédération socialiste du Puy-de-Dôme, excepté pendant la guerre qu’il fit comme simple soldat du 2 août 1914 au 25 février 1919. Mobilisé en août 1914 comme brancardier, en France, il fut affecté au 2e groupe d’aviation en Italie en 1917, puis participa à l’occupation de l’Allemagne.
Démobilisé en mars 1919, il reprit sa place à la tête de L’Ami du Peuple. Il coopéra en octobre 1919 au lancement par Alexandre Varenne* du quotidien régional La Montagne et y tint la rubrique “ La vie sociale ”. Secrétaire de la Bourse du Travail de Clermont-Ferrand de 1921 à 1923, il reprit le secrétariat de l’Union des syndicats du Puy-de-Dôme de 1924 à 1933.
Il était franc maçon depuis 1919 et faisait partie de la loge “ Les enfants de Gergovie ”. Il aurait été conseiller de l’Ordre.
La Fédération socialiste du Puy-de-Dôme présenta Albert Paulin à maintes reprises. En 1914, il échoua dans la circonscription d’Issoire, son désistement assurant l’élection du candidat radical-socialiste. Aux élections législatives de 1919, Albert Paulin occupa la 7e et dernière place sur la liste des candidats socialistes qui conquit deux sièges de députés : il obtint 31 241 voix sur 158 273 inscrits, la moyenne de sa liste atteignant 32 409.
Délégué aux congrès socialistes de 1920 à Strasbourg et à Tours pour la motion Blum-Paoli, Paulin demeura à la SFIO après la scission. C’est en 1924 sur la liste du Cartel des gauches qui enleva les sept sièges du Puy-de-Dôme qu’il fut élu député par 76 822 voix sur 154 325 inscrits.
Au congrès fédéral de 1926, il soutint la thèse participationniste et défendit vivement Alexandre Varenne. En 1928, avec le retour au scrutin uninominal, Paulin se présenta dans la 2e circonscription de Clermont-Ferrand. Il arriva en tête au 1er tour de scrutin avec 5 845 voix sur 17 377 inscrits et il battit au second le candidat de droite par 7 872 voix contre 4 435. Il était en 1930 membre suppléant de la CAP du Parti socialiste. En 1932, dès le premier tour, avec 7 732 suffrages sur 18 212 votants, Paulin fut réélu contre le candidat “ socialiste indépendant ”. Il retrouva son siège dans les mêmes conditions en 1936, porté par 8 059 voix sur 18 961 inscrits contre 4 536 à Abram, républicain-démocrate, 1 976 à Pacaud, communiste et 583 à Millon, socialiste-indépendant.
Paulin fut également du 26 juillet 1925 à 1940 conseiller général du canton-est de Clermont. Il avait battu le sortant Républicain de gauche, Bellet, pour gagner son siège. Il échoua aux sénatoriales de 1935.
Cet homme, qui garda toujours la simplicité du modeste artisan, fut un député laborieux. Il fut secrétaire, vice-président puis président de la commission du Travail. Il intervenait sur les problèmes de son ressort, l’apprentissage, le placement, les droits des travailleurs et notamment des artisans.
Président du groupe parlementaire de Défense nationale de l’Artisanat, président de l’Institut national des métiers, Paulin fut aussi vice-président des groupes de défense des planteurs de betteraves, des planteurs de tabac et des vignerons du Centre-Ouest, vice-président du groupe parlementaire de la Libre pensée et secrétaire général du Groupe de défense des mutilés du travail.
En 1936, il fut nommé membre du Conseil supérieur du Travail et devint premier vice-président de la Chambre des députés. Il fit partie de 1934 à 1938, en tant que suppléant, de la commission des conflits du Parti socialiste et, de 1934 à 1936, du conseil d’administration du Populaire. Secrétaire fédéral en mai 1940, il présenta les buts du congrès fédéral selon Le Populaire du 4 mai 1940.
Signataire de la déclaration Bergery, Paulin vota le 10 juillet 1940, l’octroi des pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il fit partie des huit membres du premier comité de rédaction de l’Effort, journal collaborationniste dirigé par Paul Rives->129075#f# et Charles Spinasse. Mais il se détacha rapidement de ce milieu et se retira à Bayat où il se livra à la culture.
Certes, il fut membre du Conseil national de Vichy en 1941 et aussi conseiller départemental. Mais Philippe Serre, l’un des Quatre-vingts qui était son voisin durant cette période, attesta de sa surprise lors de sa nomination et l’attribuait à la volonté de Laval de « ménager les élus de son département ». Il démissionna du Conseil national le 9 janvier 1942. Les Renseignement généraux estimaient que l’assassinat de Marx Dormoy l’avait décidé à cette rupture. Sa prise de position, comme 1er vice-président de l’Assemblée nationale, protestant contre la livraison aux nazis du président Édouard Herriot en septembre 1943 lui valu l’hostilité des autorités. Il rédigea et donna force publicité à une lettre très critique au Maréchal Pétain lui rappelant que la constitution était toujours en vigueur et qu’il était responsable du sort des représentants de la République. Durant plusieurs mois, il dut se dissimuler sous l’identité d’un ouvrier agricole dans l’Aube, étant recherché par Vichy et les Allemands.
À la Libération, Paulin fut exclu du Parti socialiste au congrès de Paris (novembre 1944). Le Jury d’honneur présidé par René Cassin refusa de le relever de l’inéligibilité le 30 novembre 1945 « considérant que si l’intéressé a eu certaines initiatives louables, notamment en protestant auprès de Pétain, contre la remise aux autorités allemandes du président Herriot, il n’a, toutefois, pas participé de façon active à la résistance contre l’ennemi » (JO du 15 décembre 1945).
Le préfet de l’Aisne de la Libération avait témoigné en sa faveur, rappelant que Paulin avait aidé des réfractaires au STO, protégé des résistants réfugiés, dont lui-même. Avec Philippe Serre, ils attestèrent qu’il avait été tenu à l’écart de la Résistance organisée par la méfiance qu’avait provoqué son vote du 10 juillet 1940. Le Commissaire régional de la République écrivit qu’il « n’a(vait) jamais apporté aucun concours, sous aucune forme, à la politique de Vichy ».
Il publia une petite brochure pour justifier son vote politique, distribuée à mille exemplaires auprès de ses amis, et ne fut plus candidat à des élections. Paulin adhéra au Parti socialiste démocratique de Paul Faure en 1952 et souscrivit pour son journal La République libre de 1953 à 1955.
Cette biographie est tirée du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier en ligne #o#http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article125166 #f#, notice PAULIN Albert, Arthur, Raphaël par Justinien Raymond et Gilles Morin, version mise en ligne le 30 novembre 2010, dernière modification le 9 mars 2016.
Modalités d'entrée dans la collection : Ce fonds d'archives a été donné à la Bibliothèque du Centre d'Histoire Sociale du XXe siècle en 1980 par Madame Jamet, fille d'Albert Paulin.
Conditions d'utilisation : Les photographies sans flash sont autorisées. Les photocopies sont interdites.
Bibliographie :
- "Albert Paulin", dans Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940). Tome VII, sous la direction de Jean Jolly, Paris, PUF, 1960, p. 2623-2624.
- Guy Rousseau, Le temps du gouyat : l'enracinement socialiste dans la Puy-de-Dôme, Clermont-Ferrand, Institut d'études du Massif Central, Université Blaise Pascal, 1991
- Olivier Wieviorka, Les Orphelins de la République, Paris, Seuil, 2001
Information sur le traitement : L'inventaire du fonds a été réalisé par MIchele Mioni pour le Centre d'histoire sociale du XXe siècle.
Auteur : Paulin, Albert Arthur Raphaël (1881-1955)
Sujet : Élus
Parti socialiste SFIO (France)
Confédération générale de l'artisanat français
France -- 1940-1945 (Occupation allemande)

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