Calames

AB Fonds Auguste Blanqui (Ni Dieu ni maître)

Date : 1878-1963
Description physique : 3 boîtes. 0.35 mètres linéaires.

Organisme responsable
Centre d'histoire sociale du XXe siècle
9, rue Malher
75004 Paris
Tél. : 01 44 78 33 87
Site du CHS

Description : Ce fonds,donné par Jean Maitron à la bibliothèque du CHS, renferme les documents liés à la création et la parution du journal Ni Dieu ni maître, d'Auguste Blanqui, durant sa périodicité quotidienne (de novembre à décembre 1880). Y figurent notamment les recherches préalables concernant les modalités de publicité et de diffusion du journal, une importante correspondance issue, entre autres, de diffuseurs en province et à l'étranger, mais également les divers comptes liés à la production matérielle du journal (impression, coupage) et à sa distribution.
Classement :
Un classement partiel, contemporain de la production des documents est apparu lors de la réalisation de l'inventaire et du classement du fonds. Celui-ci ordonnançait thématiquement une partie des documents : renseignements antérieurs à la parution, diffusion et comptes. Toutefois, les documents les plus récents (postérieurs à la parution du dernier numéro quotidien en décembre) ont été trouvés en vrac. Nous avons donc, dans la mesure du possible, replacé ceux-ci dans le classement préexistant. Les chemises d'époque signalant le tri originel ont été conservées à la suite des documents qu'elles contenaient.
Une collection des numéros quotidiens et hebdomadaires du journal, assez complète bien que présentant des lacunes, est également présente.
Le fonds se compose de trois parties : création et fonctionnement du journal ; correspondance de collaborateurs du journal, notes et documentation ajoutées postérieurement au fonds. Cette dernière partie comprend des notes manuscrites de J. Maitron recensant et synthétisant les documents présents, ainsi que des brochures.
Biographie ou Histoire :
BLANQUI Auguste #o#BLANQUI Louis-Auguste, dit Auguste#f# (appelé aussi parfois BLANQUI jeune).
8 février 1805 (Puget-Théniers, Alpes-Maritimes) -1er janvier 1881 (Paris) ; révolutionnaire français de sensibilité communiste dont la devise était : « Le devoir d’un révolutionnaire, c’est la lutte toujours, la lutte quand même, la lutte jusqu’à extinction », et qui fut fidèle à cette devise.
Né dans les Alpes-Maritimes, Auguste Blanqui les quitte avec sa famille pour Paris, où il fait ses études à l’institut Massin et au lycée Charlemagne.
Dès 1825, il enseigne comme professeur de lettres et d’histoire dans une institution de jeunes filles où il rencontre celle qui sera sa femme. En 1826, Auguste étudie le droit malgré une santé fragile le contraignant à aller parfois se soigner chez ses parents à Grandmont. À la fin de la Restauration, il participe à diverses manifestations en faveur de la liberté de la presse, contre l’emprise des jésuites, ou encore pour conforter les résultats de l’opposition aux élections législatives, manifestations où se retrouvent étudiants et ouvriers. En 1828, il décide de partir avec son ami Alexandre Plocque participer à la libération de la Morée de l’oppression turque.
De retour à Paris, dès janvier ou février 1830, Auguste Blanqui entre au journal Le Globe, dirigé par Pierre Leroux. Le Globe, avant tout libéral et anti-Bourbons, n’est pas encore un journal saint-simonien, mais depuis quelques années déjà, Pierre Leroux s’intéresse à cette doctrine. Il apparaît que les idées développées par Saint-Simon (davantage que celles de ses disciples) ont exercé une influence notable sur Blanqui. Auguste Blanqui fait au Globe les comptes rendus de la Chambre, et à la différence des autres rédacteurs qui hésitent à prendre les armes en Juillet 1830, il arbore d’emblée la cocarde tricolore et récupère des armes qu’il avait cachées. Sa participation à diverses actions lui vaut d’être décoré de Juillet.
Auguste Blanqui mène ensuite de front plusieurs activités, conservant son poste au Globe, reprenant ses inscriptions à l’École de droit, adhérant à la Société des Amis du Peuple et préparant, vraisemblablement en octobre ou novembre 1830, son plan de reconquête de la Ligurie.
La jeunesse des Écoles, très engagée dans les troubles qui éclatent en décembre 1830, se propose de créer une Association des étudiants. Participant activement à l’action étudiante, Blanqui est arrêté et doit faire face à ses responsabilités. Cet événement le voit adopter, pour la première fois sans doute, l’attitude qui sera longtemps la sienne : ne pas répondre aux juges dont il récuse la légitimité, et ne s’expliquer que publiquement, en usant de tous les moyens dont il peut disposer.
Le Conseil académique, ayant privé la plupart des contestataires de leur inscription universitaire, Blanqui se consacre à la SAP, dont il est un animateur très actif. Il devient corédacteur de son journal, Au peuple, ce qui lui vaut d’être arrêté le 11 juillet pour délit de presse. L’année suivante, le ministre Casimir Perier, pour anéantir la Société des Amis du Peuple, en fait comparaître les dirigeants, sous l’inculpation de complot. Acquitté des poursuites primitives, Blanqui est, pour délit d’audience et trouble apporté à la tranquillité publique, condamné à un an de prison et deux cents francs d’amende. En raison de sa santé fragile, il obtient d'aller se soigner quelque temps à Grenoble, du choléra dont il est atteint. De retour à Paris en septembre, il se constitue prisonnier le 1er décembre 1832 à la prison de Versailles. Allant de prisons en maison de santé, c’est en août 1833 qu’il se marie avec Suzanne-Amélie Serre, avec qui il a un (semble-t-il) enfant, Roméo (dit Estève).
Blanqui publie un nouveau journal, le Libérateur.
La Société des Familles semble avoir été créée dès l’été 1834 par un groupe de rescapés de la SDH et Blanqui y adhère vraisemblablement en octobre. Les Familles ont des objectifs politiques et sociaux. Pour en venir à bout, le gouvernement réussit à arrêter, le 11 mars 1836, les deux dirigeants, Barbès et Blanqui. Ce dernier est frappé de trois mille francs d’amende et de deux ans de prison puis libéré par l’amnistie du 8 mai 1837, après moins de six mois de détention. Interdit de séjour à Paris, il s’établit à Gency, avec sa femme et son fils. Tout en maintenant le contact avec Paris, il contribue à la mise sur pied et à la direction, avec Barbès et Martin Bernard, de la Société des Saisons, qui succéde en 1837 à la Société des Familles démantelée par la police. Mais, au début de 1839, Blanqui juge les circonstances favorables à une insurrection dans Paris. Malgré l’étroite surveillance dont il fait l’objet, Blanqui effectue discrètement de nombreux séjours dans la capitale et fixe, avec Martin Bernard et Barbès, les conditions d’une prise d’armes. Il est enfin décidé que celle-ci aurait lieu le 12 mai : plus de 500 hommes armés s’ébranlèrent vers l’hôtel de ville et l’occupèrent, mais ils furent cernés par les troupes et écrasés en deux journées de combats. Blanqui réussit à échapper aux recherches et n'est arrêté, sur dénonciation, que le 14 octobre.
Le 5 février 1840, Blanqui arrive au Mont-Saint-Michel où l’ont déjà précédé Barbès, Martin Bernard et d’autres militants. Son arrivée provoque des remous, des soldats de la garnison se mettant à chanter la Marseillaise et autres chants révolutionnaires. Sa femme Amélie, depuis longtemps malade, meurt le 31 janvier 1841. La santé de Blanqui, que les mauvais traitements détériorent, et sa douleur de veuf, obligent les autorités à le transférer à la prison de Tours le 18 mars 1844, puis à l’hôpital de la ville. Il ne sort de sa chambre que depuis quelques mois lorsque des émeutes éclatent en novembre 1846. Aussitôt soupçonné, il est arrêté le 27 novembre et finalement acquitté. Le 25 février 1848, Blanqui arrive à Paris. Après avoir participé à la manifestation du 15 mai, pour ne pas perdre contact avec les masses, Blanqui échappe à la police jusqu’au 26 mai avant d'être condamné à dix ans de prison. D’abord enfermé à Vincennes, il est transféré à Belle-Ile-en-Mer le 2 novembre 1850, dont il s’échappe brièvement en avril 1953 avant d’être repris. Transféré à Corte en Corse en décembre 1957, puis en Algérie jusqu'au 16 août 1859, date à laquelle il bénéficie d’une amnistie.
Auguste Blanqui, très vieilli, et que ses fidèles n’appelleront plus désormais que « le Vieux », reprend la lutte. Il passe quelques mois à Bruxelles fin 1859-début 1860 et tente à cette époque de relancer le journal Le Bien-être social, dirigé en sous-main par le docteur Watteau. Un bref voyage à Londres lui donne l’occasion de rencontrer librement des communistes comme lui. Puis il rentre de nouveau dans la lutte, à Paris. Là, en juin 1861, pour organisation de société secrète, il est une fois de plus condamné à la prison. Il retrouve à Sainte-Pélagie de jeunes détenus républicains. Des étudiants le visitent : le futur Dr Georges Clemenceau (1841-1929), Arthur Ranc, futur collaborateur de Gambetta, etc. Certains, comme Gustave Tridon, ou Émile Villeneuve, se lient étroitement avec lui et entreprennent de constituer avec des militants ouvriers une organisation politique clandestine : le « Parti » blanquiste, communiste et révolutionnaire. Puis Blanqui s’évade, et arrive à Bruxelles en 1865 chez le Dr Watteau qui l’héberge.
En 1865 est publiée à Bruxelles chez Verteneuil une brochure de Lacambre, Évasion des prisons des conseils de guerre. Épisode de juin 1848, brochure si profondément remaniée par Blanqui qu’il en est souvent considéré comme le véritable auteur. Il écrit beaucoup durant cette période de sa vie, et rédige plusieurs textes importants qui ne seront imprimés qu’en 1885 dans le recueil Critique sociale. Au congrès international d’étudiants de Liège (29 octobre-1er novembre 1865), Blanqui fait la connaissance de Paul Lafargue et d’Ernest Granger, lequel devient un de ses meilleurs amis. En 1867-1868, à l’intention des « Sections » blanquistes, il rédigea une Instruction pour une prise d’armes un de ses très rares écrits de tactique révolutionnaire. En 1868, il assiste au congrès de l’AIT à Bruxelles. De retour à Paris le 12 août, les blanquistes tentent le 14 un coup de force qui échoue. Blanqui et ses amis lancent alors La Patrie en danger, premier journal quotidien du blanquisme. Ce journal publiera 89 numéros, du 7 septembre au 8 décembre 1870 avant de périr faute d’argent.
Chef de bataillon élu de la garde nationale, Blanqui participe à la journée du 31 octobre 1870, où sa candidature à un nouveau gouvernement est posée. Il joue aussi un grand rôle dans la journée du 22 janvier 1871, seconde tentative de remplacer le gouvernement, dit de la Défense nationale, qui échoue comme la première. Exaspéré par l’armistice, déçu par les électeurs parisiens qui ne lui accordèrent, aux élections pour l’Assemblée nationale du 8 février 1871 que tout juste 52 839 voix, Blanqui prend congé des Parisiens le 12 février avec une publication intitulée Un dernier mot. Il y met en accusation les traîtres du gouvernement de la Défense nationale. Malade, c’est à Loulié qu’il est arrêté le 17 mars pour l’affaire du 31 octobre. Conduit le 18 mars à l’hôpital de Figeac, le 20 à la prison de Cahors, et mis avec des détenus de droit commun, il est élu le 26 mars à la Commune de Paris. C’est alors que Thiers déclare : « Nous le tenons enfin, ce scélérat ! » ; et, malgré les propositions des Communards, il ne le lâche pas même en échange des 74 otages détenus par la Commune. Blanqui est frappé de la peine de la déportation et de la privation de ses droits civiques, pour le 31 octobre, et en tant qu’inspirateur moral de la Commune. N’auraient été son âge et sa mauvaise santé, il aurait été expédié en Nouvelle-Calédonie. On se contente donc de l’enfermer à vie à la maison centrale de Clairvaux, dans l’Aube. Blanqui y vit alité durant des mois entiers.
En janvier 1878, le journal socialiste révolutionnaire L’Égalité fait campagne pour sa libération. En vue de le faire bénéficier d’une éventuelle amnistie, sa candidature est présentée aux élections législatives à plusieurs reprises : dès octobre 1877 à Lyon ; puis à Marseille, dans le VIe arrondissement de Paris et à Roanne. Il est élu à Bordeaux au second tour en avril 1879. Le vote fut invalidé, mais Blanqui est gracié le 10 juin.
Blanqui parcourt la France pendant les derniers mois de 1879 et en 1880. Le 20 novembre, parait à Paris Ni Dieu ni Maître, quotidien jusqu’au 13 décembre 1880, hebdomadaire du n° 25 au n° 71. Jusqu’à sa mort, Blanqui est le rédacteur en chef du journal qu’animent Eudes, Granger et Vaillant, et dont le succès est médiocre. Blanqui rédige aussi une brochure sur l’armement du peuple, L’Armée esclave et opprimée, brochure qui reproduit des articles antérieurs. Deux réunions populaires achèvent de consumer les forces de Blanqui : le 21 novembre 1880, la conférence triomphale qu’il donne à Lille devant 6 000 personnes ; le 27 décembre, son intervention salle Ragache, dans le XVe arrondissement, où les blanquistes et les Internationaux tenaient déjà leurs assises en 1870 et 1871. Il rentre tard dans la nuit boulevard d’Italie (aujourd’hui boulevard Auguste-Blanqui), où il réside. Granger l’attend. Il parle normalement du discours qu’il vient de prononcer, puis tombe frappé de congestion cérébrale. Il meurt au bout de cinq jours de lutte contre le mal le 1er janvier 1881.
Bibliographie abrégée tirée du Maitron. Pour les œuvres d’A. Blanqui, et les sources ayant servi à l’élaboration de la biographie originale, se référer à la notice sur http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24369
Bibliographie :
- TAVEAUX Karine, "Les bibliothèques de gare et du métropolitain : un monopole Hachette (1870-1901)", La presse selon le XIXe siècle, Paris, 1997, 154 p.
Information sur le traitement : L'inventaire du fonds a été réalisé par Camille Anglada pour le Centre d'histoire sociale du XXe siècle.
Auteur : Blanqui, Auguste (1805-1881)
Oeuvre : Ni Dieu ni Maître (périodique)
Sujet : Anarchisme

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