Calames

Archives du docteur Jean Carpentier

Date : 1936-2014
Langue : français , anglais, allemand, espagnol; castillan, italien, néerlandais; flamand, grec moderne (après 1453), finnois
Description physique : 15 boîtes, 1 valise, 5 cassettes VHS.

Organisme responsable
Bibliothèque interuniversitaire de Santé - Médecine
12, rue de l'Ecole de médecine, 75270 Paris cedex 06
infohist@biusante.parisdescartes.fr

Description : Les archives du fonds Jean Carpentier couvrent l’ensemble des activités du docteur Jean Carpentier comme médecin généraliste, militant, chargé de mission, auteur, épistolier ; il englobe aussi les procès marquant dans un premier temps des pratiques médicales et des initiatives contestées par le Conseil national de l’ordre des médecins, les colloques et congrès résultant d’une pratique associative avec le REPSUD (Réseau des professionnels pour les soins aux usagers de drogues), l’Ecole dispersée de santé européenne et d’autres groupes de réflexion et d’action médicales.
Classement : Le choix de classement des archives du Dr Carpentier reprend celui qui avait été ébauché par Clarisse Boisseau et Danielle Millhaud-Cappe après un premier tri. Largement thématique, il reflète les nombreux aspects de la vie professionnelle de Jean Carpentier. Quelques cartons sont consacrés à sa vie familiale.
Producteur du fonds ou collectionneur : Jean Carpentier
Biographie ou Histoire :
Jean Carpentier, né le 3 septembre 1935 à Paris dans le douzième arrondissement, mort le 9 juillet 2014 à Savigny-le-Temple en Seine-et-Marne, choisit la carrière de médecin généraliste. Politiquement engagé, il eut à cœur d’exercer la médecine avec une approche à la fois militante et scientifique.
Son père Henri Carpentier, communiste et résistant, eut une action comparable pendant la guerre d’Algérie et aussi au Vietnam en développant la vaccination des enfants – des fronts communs au père et au fils. Son oncle maternel Jacques Solomon, physicien de renom, fut exécuté au Mont-Valérien pendant la guerre, et son épouse Hélène Solomon née Langevin fut déportée à Auschwitz
Carpentier crée le CNJM (Centre national des jeunes médecins) en 1964 ; il rejoint peu après le Comité Vietnam national – Son exclusion du PCF en 1966 ne le convainc pas de rompre sur le long terme avec le « Parti ». En 1967 sa thèse de doctorat en médecine « A propos d’une observation d’ictère grave de la grossesse » est dédiée à Jacques Solomon et une grand-mère disparue en déportation par l’application du décret Nuit et Brouillard.
En 1971, auteur d’un tract « Apprenons à faire l’amour » distribué à l’entrée du lycée de Corbeil-Essonnes, il fait l’objet d’une condamnation du Conseil de l’ordre des médecins. Il bénéficie de soutiens parmi ses pairs, et aussi du dessinateur Wolinski. En 1978, il est de nouveau la cible du CNOM qui l’accuse d’avoir délivré dans son cabinet médical à Corbeil un certificat de complaisance à un prisonnier en permission. Ce procès, ni le premier ni le dernier, marque un tournant en consolidant la réputation d’un médecin tourné vers les exclus, les marginaux… Le 5 août 1980, quand il ouvre un cabinet rue de Charenton dans le douzième arrondissement de Paris avec Clarisse Boisseau, il découvre un autre problème, celui des toxicomanes. C’est là bientôt son principal engagement, et son rayon d’action s’étendra bien au-delà du proche quartier de l’îlot Chalon où circule la drogue.
Clarisse Boisseau et Jean Carpentier sont en première ligne pour ouvrir un débat sur le renouveau de la pratique médicale, sur la base de travaux importants. Michel Foucault et bien d’autres fixent l’ambiance pour cette génération de médecins.
En 1985 il crée l’Ecole dispersée de santé (future Ecole dispersée de santé européenne) dont le siège social est à Tournai en Belgique. Il organise des rencontres et des débats du nord au sud de l’Europe. C’est aussi le moyen pour lui de diffuser ses idées dans des livres et par voie de presse. Il produit un objet conceptuel pour couronner le tout : la valise à symptômes qu’il montre à l’occasion d’une exposition sur la médecine de quartier.
Les contacts se multiplient. Il prend l’initiative de congrès et de colloques grâce auxquels Clarisse Boisseau et lui multiplient les échanges de nature à nourrir une autre vision de la médecine, avec un point culminant, le colloque de l'île de Kos qui place le sujet – pas uniquement le patient – au cœur des pratiques médicales. Cet événement en octobre 1992 marque un nouveau tournant. Avec l’appellation d’Ecole dispersée de santé européenne, il prend date et le succès de Kos n’est pas seul en cause. En décembre de la même année Jean Carpentier crée le REPSUD, Réseau des professionnels pour les soins aux usagers de drogues.
L’arrivée du sida, l’identification de l’hépatite C, le changement d’échelle lui dictent la démarche de prescriptions médicales qui suscitent la controverse : les TSO, traitements de substitution aux opiacés. L’objectif est de fournir un traitement pharmacologique avec la méthadone et le Subutex pour le sevrage et le suivi thérapeutique des toxicomanes. En 1997, Jean Carpentier est membre de la commission des stupéfiants et des psychotropes de l’agence en charge du médicament ; son combat qui devient d’actualité alerte le corps médical et les pouvoirs publics. Le docteur Bernard Kouchner en charge du ministère de la Santé et de l’Action Humanitaire soutient son ami Jean Carpentier.
Dans les années 1997-2000, il est en charge de la formation des médecins et des pharmaciens aux traitements de substitution. C’est une inflexion décisive, le docteur Carpentier n’est plus le « ravaudeur de toxicos » pour citer un article de presse mais une personnalité reconnue qui reçoit en 2000 un ordre de mission conforme à ses engagements aussi bien qu’aux objectifs de la santé publique. Jean Carpentier est enfin l’auteur de plusieurs ouvrages qui véhiculent ses convictions de médecin généraliste et de citoyen, mais il n’oublie pas pour autant de raconter son histoire et de perpétuer le souvenir de la Villa des Roses à Biot dans un livre qui retrace l’itinéraire d’un enfant de la guerre et de l’après-guerre.
Modalités d'entrée dans la collection : Les archives ont été déposées à la BIU Santé par le Dr Clarisse Boisseau, ex-associée de Jean Carpentier, Mme Danielle Milhaud-Cappe, sa dernière compagne, et son fils David Carpentier le 19 novembre 2015. Le don a été officialisé par ses fils et ayants droit Laurent et David Carpentier.
Documents séparés :
Quelques publications imprimées se trouvant dans les archives du Dr Carpentier ont été intégrées aux collections générales de la BIU Santé, en conservant la mention de leur provenance. Il s'agit de :
Tankonalasanté, Paris, F. Maspero, 1975.
J. Carpentier, Medical flipper : le médecin généraliste, identité et mode d'emploi, Paris, La Découverte, 1985.
J. Carpentier (éd.), Des toxicomanes et des médecins : un drame en trois actes et quarante sept tableaux : rencontres cliniques REPSUD-ECIMUD (1997,1998,1999), Paris, L'Harmattan, 2000.
Mouvement français pour le planning familial, Apprenons à faire l'amour ? Paris, F. Maspero, 1978.
Bibliographie :
Paul Benkimoun, "Dr Jean Carpentier (1935-2014) médecin généraliste engagé", Le Monde, 11.07.2014.
Producteur du fonds ou collectionneur : Carpentier, Jean (1935-2014)
Propriétaire préc. : Milhaud-Cappe, Danielle
Sujet : Médecine générale
Carpentier, Jean (1935-2014)
Centre national des jeunes médecins
Ordre national des médecins (France). Conseil national
Boisseau, Clarisse (19..-....)
Toxicomanie
École dispersée de santé européenne. Rencontre internationale (06 ; 1992 ; Ile de Cos, Grèce)
Médecine de quartier
Réseau des professionnels pour les soins aux usagers de drogues
Traitement de substitution

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