Calames

AG Fonds Arthur Groussier

Date : 1885-1925
Description physique : 2 boites, 11 boîtes de tirages, 3 boîtes de microfilms. 0, 60 mètres linéaires.

Organisme responsable
Centre d'histoire sociale du XXe siècle

Organisme responsable

9, rue Malher
75004 Paris
Tél. : 01 44 78 33 87
Site du CHS

Description : Le fonds d'Arthur Groussier, député de Paris sous la Troisième République contient des documents en lien avec les différentes élections législatives et municipales auxquelles il s’est présenté, ainsi que des photocopies de sa correspondance. Le fonds comporte également une partie réalisée par l’historien Jean Maitron ( microfilms de documents a priori contenus dans le fonds, tirages de microfilms, inventaires manuscrits du fonds).
Classement : Les documents ont été regroupés selon leurs typologies et selon les dates des élections auxquelles ils se réfèrent, dans le respect du classement originel réalisé par Jean Maitron.
Biographie ou Histoire :
Né le 16 août 1863 à Orléans (Loiret), mort le 6 février 1957 à Enghien-les-Bains (Seine-et-Oise) ; ingénieur des Arts et Métiers ; député socialiste de Paris.
À dix-huit ans, il gagna Paris où désormais sa vie se déroulera. Il travaillait en qualité de dessinateur industriel, lorsque l’« Union des ouvriers mécaniciens » de sa maison recueillit son adhésion, donnée et acceptée par sympathie réciproque, car il n’appartenait pas à cette catégorie. Il la représenta à l’« Union des Mécaniciens de la Seine », qui le délégua au congrès de reconstitution de la « Fédération nationale des Métallurgistes » dont il fut le premier secrétaire de 1890 à 1893. L’Union des Mécaniciens délégua Groussier auprès du Parti ouvrier socialiste révolutionnaire dont le leader était Jean Allemane. Bientôt il y adhéra personnellement dans le Xe arr. et fut son candidat de principe dans le XXe (quartier de Charonne) aux élections municipales de 1890. Trois ans plus tard, Groussier allait devenir député pour une trentaine d’années.
En 1893, dans la première circonscription du Xe arr. de Paris (quartiers de Saint-Vincent-de-Paul et Hôpital Saint-Louis), il fut candidat du POSR dont le « Programme législatif », fixé en 1892, constitua sa profession de foi. « L’émancipation des travailleurs ne peut être que l’œuvre des travailleurs eux-mêmes ». Ils ne l’obtiendront que par « la lutte des classes », par « l’action révolutionnaire », d’« un parti politique distinct en face des diverses nuances des partis politiques bourgeois » et elle « ne sera en bonne voie de réalisation que, lorsque, par la socialisation des moyens de produire, on s’acheminera vers une société communiste... » (Arch. Ass. Nat.).
Ces formules n’avaient pas jusqu’ici rencontré un grand écho électoral et, dans ce quartier populeux qui votait pour la gauche traditionnelle, le succès semblait promis au radical Maujan. Or, Groussier le devança au premier tour et le battit au second tour. Ce succès ne fut pas sans lendemain. En 1896 il se représenta fut réélu le 7 juin au premier tour.
En février 1897, il constitua une organisation nouvelle, l’« Alliance communiste révolutionnaire », qui ne dépassa guère les limites des Xe et XXe arr. parisiens et qui combattit aux côtés des blanquistes groupés autour d’Édouard Vaillant dans le « Comité révolutionnaire central ».
En 1898, Groussier fut réélu , l’année suivante il représenta sa circonscription, au nom de l’Alliance communiste, au congrès général des organisations socialistes et il en présida les deux séances du 5 décembre. Il fut encore délégué de la Seine au congrès de Lyon (1901).
Au cours des années suivantes, à la faveur de regroupements socialistes entre partisans et adversaires de la participation ministérielle de Millerand, il rejoignit ces derniers dans le Parti socialiste de France (Unité socialiste révolutionnaire). Sous cette étiquette, en 1902, il perdit son siège au profit du candidat de droite Bonvalot. Il reprit son activité professionnelle et en 1905, il entra dans le Parti socialiste unifié SFIO. En 1906 il retrouva son siège contre un adversaire notable, le colonel Marchand. Il fut réélu en 1910.
En 1919, dans la 1re circonscription de la Seine Groussier était second de la liste socialiste menée par Marcel Cachin et qui comptait Sembat en troisième position, Paul Vaillant-Couturier au quatorzième et dernier rang. Cette liste, avec une moyenne de 59 839 voix, enleva quatre sièges au quotient au profit de Cachin, Groussier, Sembat, Vaillant-Couturier. Groussier était en tête avec 60 700 voix. En 1924 et 1928, il fut battu et renonça désormais à toute candidature.
À côté de très nombreuses interventions annuelles dans les discussions budgétaires, sur l’affaire de Panama, sur le droit d’association et en négligeant son élection comme secrétaire de la Chambre le 10 janvier 1899, les trois grands moments de la vie parlementaire de Groussier sont la réalisation du Code du Travail au tournant du siècle, la lutte pour la Représentation proportionnelle à la veille de la Première Guerre mondiale et son accession à la vice-présidence de la Chambre des Députés en 1917, le premier socialiste appelé à cette fonction après Jaurès.
Groussier passa tour à tour dans diverses commissions parlementaires dont celle du suffrage universel, mais appartint toujours à la commission du Travail qu’il présida fréquemment. De 1906 à 1924, il représenta la Chambre au « Conseil supérieur du Travail ». Nombreuses sont ses propositions d’extension des droits des travailleurs : sur les syndicats professionnels, sur le contrat de travail, sur la durée du travail ; sur l’hygiène et la sécurité des travailleurs ; sur la réglementation du travail. Le 15 novembre 1908, une proposition de Groussier votée par la Chambre ouvrit aux femmes l’accès aux « Conseils des Prud’hommes ».
Mais en ce domaine l’œuvre maîtresse de Groussier reste le Code du Travail. Il en a eu l’idée. Il a pris une part essentielle à sa réalisation par ses propositions et par son rôle déterminant au sein de la commission parlementaire et extra-parlementaire chargée de rédiger ce code par arrêté d’Alexandre Millerand du 27 novembre 1901.
Aux approches de la Première Guerre mondiale, Groussier attacha son nom aux efforts en faveur de la Représentation proportionnelle. Il rédigea le premier rapport à cet effet en 1911, en fit d’autres par la suite et participa à la campagne destinée à conquérir l’opinion au système nouveau avec Jaurès et aux côtés d’hommes d’autres partis comme Ferdinand Buisson et Charles Benoist.
En 1917 Groussier refusa le ministère de l’Armement. Il n’accepta pas le ministère du Travail des mains de Painlevé, mais fut vice-président du Comité de défense de Paris aux côtés de Galliéni et, en 1915, les députés de la Seine lui avaient confié la présidence de leur groupe. En mars 1917, il fut élu vice-président de la Chambre. Il manifesta dans cette fonction une autorité remarquée ; aussi, après une brève interruption, la Chambre « bleu horizon » lui confia à nouveau cette charge et il la conserva jusqu’en 1921 où, à la demande de son parti, il démissionna.
Toutefois, quand il fut déchargé de son mandat parlementaire, Groussier se donna plus complètement à la Franc-Maçonnerie à laquelle il appartenait depuis l’âge de vingt-deux ans. En 1885, il entra à la Loge « L’Émancipation ». En 1892 il s’affilia à la Loge « Bienfaisance et Progrès », dont il fut longtemps le Vénérable. En 1907 il devint membre du Conseil de l’Ordre du « Grand-Orient de France » et le resta toute sa vie, sauf pendant les années où les statuts imposent un retrait. Il devait occuper trois fois la présidence du Conseil de l’Ordre, depuis sa première élection en 1925 jusqu’à la dissolution de la Franc-Maçonnerie en 1940. Elle se reconstitua autour de lui en 1944 et, en septembre 1945, le Grand-Orient le nommait Grand Maître d’Honneur à vie. Pendant trois ans il a présidé l’« Alliance maçonnique internationale ».
Mort dans sa 94e année, dernier survivant de la législature de 1893 où, pour la première fois, les socialistes entraient en nombre, Groussier restait fidèle à des convictions embrassées au sortir de l’adolescence. Il était toujours franc-maçon.
Tirée de : http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article88658, notice GROUSSIER Arthur, Jules, Hippolyte par Justinien Raymond, version mise en ligne le 8 août 2010, dernière modification le 22 septembre 2017.
Modalités d'entrée dans la collection : Le fonds a été donné à Jean Maitron en 1968 par J. Groussier.
Bibliographie :
-Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français,, sous la dir. de Jean Maitron, 1871-1914, Tome 12, Paris, Les Éditions ouvrières,1974.
J. Blazy, Arthur Groussier et le socialisme pratique, mémoire de maîtrise sous la direction de Madame Rebérioux , Université Paris 8, 1975, 177 f.
Producteur du fonds ou collectionneur : Groussier, Arthur (1863-1957)
Auteur : Groussier, Arthur (1863-1957)
Sujet : Parti socialiste français
Parti socialiste SFIO (France)
Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (France)
France -- 1870-1940 (3e République)
Élections
Élections municipales
Technique(s) : impression photomécanique

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