Calames

JL Archives de Jacques Leibowitch

Date : 1975-2018
Langue : Documents pour la plupart en français ou en anglais
Description physique : Papier et électronique. 2 boîtes et 1570 fichiers électroniques. Boîtes mesurant 340 x 280 x 150 millimètres.

Organisme responsable
Centre documentaire du CAPHÉS

Description :
Les archives du fonds Jacques Leibowitch couvrent l’ensemble des activités du docteur Jacques Leibowitch comme clinicien du sida, chercheur, lanceur d’alertes, auteur de livres sur le sida et expert auprès des médias, « militant » et citoyen.
Le fonds englobe aussi les éléments du procès qu’il a intenté au laboratoire pharmaceutique Glaxo-Wellcome avec ses positions sur la déontologie médicale et les essais cliniques ; ses démarches pour financer ses recherches ou soutenir ses combats nombreux ; ses réflexions épistémologiques de praticien à l’articulation entre médecine et science ; mais également ses critiques des paradigmes de l’immunologie et de la physiopathologie du sida, et du cancer, pour lesquelles il propose d’autres modèles explicatifs ; ou encore ses écrits plus personnels qu’il lui arrive de signer sous le pseudonyme de William Jacques Speare.
Ce fonds rassemble des documents de nature variée tels que des correspondances, des textes publiés ou non, des coupures de presse dont certaines commentées par lui, des cartes de vœux personnalisées, des annonces et diaporamas de ses présentations, des entretiens enregistrés, la transcription de ses interventions audiovisuelles ainsi que des photos et des films. Il s’étend sur toute la période de l’épidémie de sida depuis ses tout débuts en 1981 jusqu’à aujourd’hui, et illustre l’écosystème large au sein duquel Jacques Leibowitch a œuvré en approchant aussi bien les institutions médicales françaises et internationales que les industriels du médicament, les associations de patients, les médias, les politiques, les magistrats, les personnalités des arts, de la mode et du showbiz.
Biographie ou Histoire :
Jacques Leibowitch, né le 1er août 1942, a fait toute sa carrière à l’hôpital Raymond Poincaré de Garches (AP-HP) après de brillantes études de médecine et une spécialisation en immunologie. Il est aujourd’hui maître de conférences émérite des universités.
Ses contributions ont marqué l’histoire de la lutte contre le VIH/sida à plusieurs moments clés et ce, dès le commencement de l’épidémie, avec l’alerte qu’il envoie aux autorités médicales françaises et à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour les informer qu’en France et en Europe, il existe des cas similaires à cette maladie étrange décrite aux Etats-Unis chez les homosexuels. Rapidement, il constitue avec Willy Rozenbaum le groupe historique de travail français sur le sida, qu’il préside jusqu’en 1983.
En 1982, il montre l’origine africaine du sida et met l’équipe de l’Institut Pasteur sur la piste de recherche d’un rétrovirus, dont la découverte en 1983 vaudra à Françoise Barré-Sinoussi et à Luc Montagnier le prix Nobel de médecine 25 ans plus tard. Il pousse dans le même temps Robert Gallo aux Etats-Unis à explorer cette hypothèse. Il fait d’ailleurs l’intermédiaire entre les équipes française et états-uniennes. Avec très tôt l’intuition qu’une pandémie de grande ampleur se prépare, il conserve les specimens biologiques des malades du sida à l’origine de la plus ancienne lymphothèque de France.
En 1984, il devient le lanceur d’alerte le plus actif sur ce qui deviendra le scandale du sang contaminé. A l’appui de son insistance à prévenir du danger les institutions de santé comme les associations de malades ou la presse, il présente une étude épidémiologique qu’il a menée avec le Dr François Pinon, directeur du Centre de transfusion de l’hôpital Cochin. C’est avec un test de dépistage artisanal mis au point par le Dr Dominique Mathez, qui restera sa collaboratrice jusqu’à sa retraite, qu’il mène cette étude et qu’il écarte tous les sangs contaminés des centres de transfusion de Cochin et de l’hôpital de Garches. Il a été à ce titre le seul médecin à témoigner à la Haute Cour de Justice de la République au procès en responsabilité pénale des ministres.
Il met au point avec le Dr Mathez le premier test de mesure de la charge virale et démontre qu’il est un excellent indicateur pour évaluer en temps réel l’efficacité des molécules anti-VIH. Il se bat dans la même période aux côtés des associations de malades pour assouplir les premiers grands essais cliniques, ce qui lui vaut le qualificatif « d’agitateur épistémologique » du monde du sida.
En 1995, il perd le procès qu’il a intenté au laboratoire pharmaceutique Glaxo-Wellcome qui avait refusé de lui délivrer la molécule 3TC en cours d’homologation pour l’une de ses patientes. Un an après, il signe la première avancée décisive dans la lutte contre le VIH avec le succès du premier essai de trithérapie en Europe, l’essai Stalingrad, qu’il a commencé en 1994 en dehors de l’institution dédiée aux essais cliniques, avec l’appui de Philippe Douste-Blazy alors Ministre de la santé.
Il commence en 2002 un protocole exploratoire d’allègement thérapeutique avec le consentement des patients qui le souhaitent et publie les résultats sur une cohorte d’environ cent patients dans deux articles de la revue internationale Faseb (2010 et 2015). Il dépose deux brevets sur ce protocole qu’il appelle ICCARRE (acronyme pour Intermittents en cycles courts les anti-rétroviraux restent efficaces).
L’Agence nationale de recherche sur le sida (ANRS) s’inspire du protocole ICCARRE pour les essais cliniques 4D et QUATUOR qu’elle a engagés pour évaluer la surmédication et obtenir les données requises pour changer les recommandations officielles de prescription. Le Dr Leibowitch a publié de nombreux articles dans les revues internationales parmi les plus prestigieuses. Il est auteur des livres Un virus étrange venu d’ailleurs (1984, Grasset) et de Pour en finir avec le sida (2011, Plon). Il a reçu en 1993 la médaille de Chevalier de la Légion d’honneur.
Provenance :
Caroline Petit, biologiste du VIH, a récupéré les archives papiers du bureau de Jacques Leibowitch à son départ en retraite de l'hôpital Raymond Poincaré (Garches) en 2012. Elle a régulièrement consulté ces archives à partir de 2006 pour divers projets (documentaires et articles) et a conservé les documents numériques obtenus au fil de l'eau.
Elle a connu le Dr Leibowitch en 2001 dans le cadre d'une collaboration de recherche à l'Institut Cochin portant sur les effets secondaires des trithérapies et sur leur toxicité mitochondriale. Elle s'intéresse aujourd'hui à l'histoire de la recherche médicale sur le VIH/sida au sein du Centre Cavaillès (USR3608-République des savoirs).
À partir de 2015, date à laquelle elle a proposé au Caphés d'accueillir ces archives avec l'accord de Jacques Leibowitch, elle a travaillé à compléter ce fonds en lien avec lui. Elle est l’auteure de la biographie de J. Leibowitch et de la description du fonds du présent inventaire.
Modalités d'entrée dans la collection : Fonds donné à l'École normale supérieure en 2018 et conservé au Centre documentaire du Caphés.
Conditions d'accès : Fonds ouvert à toute personne intéressée par l’œuvre de Jacques Leibowitch. Certains fichiers nécessitent l’autorisation de Jacques Leibowitch, d’autres restent non communicables pour l’instant.
Conditions d'utilisation : La reproduction et l'exploitation des documents sont possibles sur autorisation.
Citer sous la forme : ENS-CAPHÉS, Fonds Leibowitch, cote.
Bibliographie :
Producteur du fonds ou collectionneur : Leibowitch, Jacques

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