Calames

3FP Fonds Robert Pagès

Langue : français

Organisme responsable
Bibliothèque Henri-Piéron

Description : Papiers scientifiques de Robert Pagès, de 1936 à 2007. L’ensemble consiste en cinq séries : cours suivis, écrits, séminaires, rapports de thèses, encyclopédie des concepts (sur fiches).
Producteur du fonds ou collectionneur : Robert Pagès
Biographie ou Histoire :
Robert Pagès, directeur de recherche au CNRS, a contribué de manière décisive à l’essor de la psychologie sociale en France. C’est à Toulouse, où il est élève de Georges Canguilhem en khâgne, puis licencié de philosophie (1940), qu’il mène ses premières recherches en psychologie sociale, dans le cadre de son diplôme d’études supérieures de philosophie (mémoire intitulé Genèse et sens du mythe et de la fabulation, 1942). Après la guerre, il entreprend à Paris des études de psychologie, à l’Institut de psychologie et à la Sorbonne où il suit les cours de psychopathologie (Baruk, Delay), de psychologie sociale, psychologie de l’enfant (Wallon), psychologie expérimentale (Piéron puis Piaget). Il fréquente aussi le séminaire d’économie de Maurice Allais et étudie les techniques d’information-documentation à l’UFOD (Cordonnier). Dès lors, il s’oriente vers une carrière de chercheur en sciences humaines, qui sera marquée par un intérêt constant pour l’expérimentalisme social. Le champ de ses recherches est vaste, de l’analyse codée destinée à renouveler les techniques de classification documentaire à la psycholinguistique et à la psychopédagogie sociale. Il n'a jamais rédigé d'ouvrages, mais près d'un millier de contributions diverses incluant quelque 300 articles de fond. A cela s’ajoutent d’innombrables notes et rapports internes. Co-fondateur de la Revue française de sociologie (1960), il a été directeur-gérant de Psychologie française (1973-1977), co-fondateur et directeur de la revue Recherches de psychologie sociale (1979), co-fondateur et co-directeur de la Revue internationale de psychologie sociale (1988).
Robert Pagès entre au CNRS (Centre d’études sociologiques) en 1950, appuyé par Daniel Lagache, avec un projet sur la « régulation des conduites sociales par la satisfaction ou l’insatisfaction » qui permet l’introduction de l’expérimentation dans le domaine de la psychologie sociale. Il rejoint le Laboratoire de psychologie sociale de la Sorbonne (LPS), fondé par Lagache en 1952, en qualité de chef de laboratoire (1954-1970) puis de directeur (1970-1985). Il associe le LPS au CNRS (1966) puis l’insère dans le Département de sociologie de l’Université Paris 7 (1970). Pour ce laboratoire, qui « fut l’œuvre principale de sa vie » et le seul en France pendant longtemps en psychologie sociale, il a créé un service de documentation dont le fonds était le plus riche d’Europe. En 1960, le LPS réunissait des chercheurs tels que Jean Bouillut, Guy Durandin, Claude Faucheux, Roger Lambert, Jean-Marie Lemaine, Ariane Lévy-Schoen, Jean Maisonneuve, Serge Moscovici, Anne-Marie Rocheblave et Jean-Paul Valabrega. Le laboratoire fut fermé en 1988, deux ans après le départ en retraite de Robert Pagès.
Il a enseigné à l’École d’anthropologie (1953-1957), à l’Institut National des Techniques de Documentation (1953-1960), ainsi qu’à la Sorbonne (1954). A l’Institut de psychologie de Paris, qui sera intégré à l’Université Paris 5, il dirige les études de psychologie sociale appliquée (1969-1980), pour lesquelles il donne un séminaire dès la création du diplôme (1953-1980). A l’Université Paris 7, il est directeur de la formation doctorale de psychologie sociale expérimentale (1974-1985), ainsi que membre du conseil scientifique (1976-1986). En 1960, il est élu au Comité national du CNRS. Il est à deux reprises président de la Société Française de Psychologie (1982-1983), où il avait fondé la section de psychologie sociale (1956). Il fut membre du bureau fondateur de l’Association pour la diffusion de la recherche internationale en psychologie sociale (ADRIPS). En 1986, il fonde le GESPARE (Groupe Emprise de SocioPsychologie, Action Recherche Education), structure associative dont le programme porte entre autres sur la formation de surdoués, mais aussi sur le développement et l’exercice de nouvelles méthodes d’aide sociopsychologique aux individus et aux groupes.
Son engagement politique est « teinté de marxisme (aussitôt dissident) », de 1937 à 1946, et traduit une sensibilité de plus en plus libertaire et fouriériste (sous l'influence initiale de André Prudhommeaux). Pendant la guerre, il anime de petits groupes clandestins à Toulouse et à Paris, entre résistance à l’occupant et projet révolutionnaire.
Modalités d'entrée dans la collection : Don de Gilles et Yves Pagès en 2008.
Conditions d'accès : Les manuscrits et archives sont accessibles sur autorisation préalable et justification de recherche. Consultation sur rendez-vous uniquement.
Conditions d'utilisation : Toute publication ou reproduction est soumise à autorisation, dans le respect de la législation sur le droit d'auteur.
Citer sous la forme : Université Paris Descartes, Bibliothèque Henri-Piéron, Fonds Robert Pagès, 3FP/...
Documents en relation :
- Archives de Georges Canguilhem conservées à l’École normale supérieure (GC. 36.9, 1942-1963).
- Archives d’André Duflos conservées à la Bibliothèque Henri-Piéron (13FP).
- Archives de Guy Durandin conservées à la Bibliothèque Henri-Piéron (10FP).
- Archives de Gérard Lemaine conservées à la Bibliothèque Henri-Piéron (8FP).
- Correspondance d’Henri Piéron conservée à la Bibliothèque Henri-Piéron (1FP, Pagès, Robert, 1956-1962).
- Fonds Robert Pagès de la bibliothèque du Laboratoire de psychologie sociale (Paris).
Bibliographie :
Buckland (Michael K.), « Before the Antelope: Robert Pagès on Documents », Proceedings from The Document Academy, vol. 4, n° 2 (2017)
Deconchy (Jean-Pierre), « Hommage à Robert Pagès (1919-2007) : Un libertaire législateur », Psychologie française, vol 52, n° 3 (2007), p. 257-263
Demailly (André), « Robert Pagès et la psychologie sociale », Bulletin de psychologie, n° 501 (2009), p. 213-218
Le Deuff (Olivier), « Robert Pagès, une nécessaire redécouverte par les sciences de l'information », Savoirs CDI, avril 2018
Ibañez (Tomás), « Robert Pagès : A la croisée de la psychologie sociale et de la sensibilité libertaire », Les cahiers de psychologie politique, n° 28 (2016)
Pagès (Robert), Curriculum vitae, octobre 1981, 3 p., Fonds Robert Pagès, 3FP/1981-11
Pagès (Robert), Note concernant Robert Pagès, mars 1998, 5 p., Fonds Robert Pagès, 3FP/1998-03
Producteur du fonds ou collectionneur : Pagès, Robert (1919-2007)

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