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08 AP 001-042 Fonds Henri Mineur

Date : 1917-1954
Langue : Les archives sont essentiellement écrites en français et en anglais
Description physique : Le fonds fait 0.2 ml

Organisme responsable
Mission Archives - Observatoire de Paris
Bibliothèque de l'Observatoire de Paris - site de Meudon
5, place Jules Janssen
92195 Meudon
France
+33 1 45 07 79 34
mission.archives@obspm.fr
http ://www.obspm.fr/-bibliotheque-.html

Description :
Le fonds, composé initialement de liasses, a été récupéré dans le bureau et l’appartement d’Henri MINEUR en 1955 et remis à André DANJON, directeur de l’Observatoire de Paris. En raison du caractère privé des informations contenues dans les documents, André DANJON décida que ces liasses ne devaient pas être ouvertes avant le 7 mai 2004.
Les liasses ont été ouvertes par Laurence BOBIS, Directrice de la Bibliothèque, en 2004. Les archives ont alors été cotées (Ms 1044 et 1045) sans pour autant être classées. En 2017, le fonds a été trié et classé. Le présent instrument de recherche en est le résultat.
Classement :
Bien qu’une partie du présent fonds comporte des archives publiques (08 AP 01-02, 04-13), il a été décidé de coter l’ensemble du fonds en AP (archives privées) au vu du faible volume que les archives publiques représentent et en raison de l’absence d’autres archives publiques d’Henri MINEUR à l’Observatoire de Paris afin de maintenir l’intégrité originelle du fonds.
Le plan de classement a été organisé en respectant les deux principaux lots d’archives constitués par le producteur, à savoir : les archives relatives à la Seconde Guerre mondiale et la Libération, et les archives relatives à sa vie privée. En ce qui concerne les documents traitant de sa carrière scientifique et de sa carrière militaire de réserviste, ils étaient éclatés en plusieurs dossiers. Ils ont été respectivement réunis pour constituer deux lots thématiques. Enfin, de la documentation (journaux) était éparpillée dans l’ensemble du fonds sans rapport avec les dossiers alentours. Un regroupement thématique puis chronologique de ces pièces a été réalisé afin de les ranger dans les lots précédemment organisés.
Biographie ou Histoire :
Fils de Louise JACQUET et de Paul MINEUR, professeur de mathématiques, Henri Paul MINEUR est né à Lille le 7 mars 1899
Il fait ses études au collège Rollin à Paris où son père enseigne. En parallèle, il s’intéresse très jeune à l’astronomie. Possesseur d’une lunette de 75 mm, il la monte lui-même en équatorial. A l’âge de 15-16 ans, plusieurs de ses publications dans l’Astronomie témoignent de ses premières observations sur le soleil, les planètes, les étoiles doubles et variables.
En 1917, à l’âge de 18 ans, Henri MINEUR est reçu premier à l'École normale supérieure. Mais en raison de la guerre, il décide de rejoindre l'armée et entre finalement à l’Ecole normale en 1919. Agrégé de Mathématiques en 1921, Henri MINEUR accepte une chaire de mathématiques au lycée français de Düsseldorf. En même temps, il entreprend des recherches sur les équations fonctionnelles et soutient en 1924 une thèse de doctorat Sur la théorie analytique des groupes continus.
Carrière scientifique en astronomie
Passionné par l'astronomie depuis toujours, Henri MINEUR quitte en 1925 son poste d'enseignant pour rejoindre l'Observatoire de Paris comme astronome-adjoint. En 1936, à la création du Service d’Astrophysique du CNRS, il devient à la fois secrétaire général de ce service et directeur du Laboratoire d’Astrophysique dont la direction lui est officiellement confiée le 15 juin 1939. Hébergé dans les locaux de l'Observatoire de Paris, puis dans ceux de l'Ecole Normale Supérieure et de l'Institut Henri Poincaré, le Laboratoire intègre en 1952 un bâtiment propre construit sur le site de l'Observatoire de Paris, et prend le nom d'Institut d'Astrophysique de Paris (IAP). Henri MINEUR en assurera la direction jusqu’à sa mort, avec une interruption de 1941 à 1944 par suite de sa révocation par le Gouvernement de Vichy.
Dans les années 1922-1928, Henri MINEUR s’occupe de la théorie de la relativité. Par la suite, il poursuit des travaux en mathématique et en mécanique en publiant des mémoires de statistiques en 1944 et de mécanique analytique en 1947. Il s’intéressera toujours à la mécanique céleste et développera particulièrement la mécanique des masses variables (1931-1938).
Mais c’est l’astronomie stellaire qui occupe l’essentiel de son activité. Le nom d’Henri MINEUR reste d’ailleurs attaché aux premiers travaux sur la rotation de la Voie Lactée. Peu après la découverte de Jan Hendrik OORT, il étudie dans les années 1929-1933 la rotation galactique différentielle à l’aide des vitesses radiales ou des mouvements propres des étoiles proches, à partir des vitesses spatiales dans le cas des étoiles. Il cherche notamment à voir comment la vitesse varie en fonction de la distance des étoiles au Soleil ainsi que de leur éloignement au plan galactique. Il trouve qu’elle diminue rapidement quand la distance au plan galactique augmente.
Puis de 1933 à 1938, Henri MINEUR s’intéresse à des objets plus lointains tels que les amas galactiques dits « ouverts » et les amas globulaires. Pour la première fois il met en évidence la rotation rétrograde du système des amas globulaires.
De l’étude cinétique des amas, Henri MINEUR passe ensuite à l’étude dynamique dans les années 1938-1939. Il distingue l’équilibre dynamique, où l’on néglige l’action des passages des étoiles au voisinage les unes des autres, et l’équilibre statistique où l’on en tient compte.
L’évaluation des distances stellaires est liée à la connaissance de l’absorption de la lumière dans l’espace. En 1932-1938, le dénombrement des galaxies, à diverses latitudes, conduit Henri MINEUR à déterminer l’opacité transversale de la Voie Lactée. Il trouve qu’un faisceau lumineux, traversant la Galaxie d’un pôle à l’autre, subirait une absorption d’environ 0,5 magnitude photographique, en parfait accord avec un résultat d’Edwin HUBBLE.
Au début de la Seconde Guerre mondiale, Henri MINEUR dirige un bureau de calcul numérique pour la défense nationale. Il se passionne alors pour cette branche de mathématique et publiera plusieurs ouvrages de statistiques stellaires sur la Technique de la méthode des moindres carrés (1938) et plus tard sur la Technique des calculs numériques (1952).
En 1944, Henri MINEUR aborde la question de l’absorption d’une autre manière, par l’étude des distances des Céphéides, de leurs mouvements propres et de leurs vitesses radiales. Il se rend compte que toutes les données publiées ont été obtenues sans étude d’ensemble de sorte que la relation période-luminosité est entachée d’erreur car l’absorption interstellaire est insuffisamment connue. Il redétermine les coordonnées du pôle galactique, la translation solaire, la rotation galactique, l’absorption interstellaire et le zéro de la relation période-luminosité. Le résultat d’Henri MINEUR sur la correction du zéro de la période-luminosité, publié en 1944, divise ainsi par deux la constante d’Edwin HUBBLE et multiplie donc par deux l’âge de l’Univers. Cette découverte majeure passe cependant inaperçue et il faut attendre le congrès de Rome de l’Union astronomique internationale de 1952 pour que Walter BAADE le retrouve par un autre moyen
Etat des services militaires
Henri MINEUR s’engage très vite en tant que volontaire dans l’armée dès le début de la Première Guerre mondiale en août 1917. Aspirant en 1918, il termine au grade de capitaine en 1946. Après sa démobilisation à la Libération, il restera dans la réserve militaire jusqu’à la fin de sa vie. Il était spécialiste des mines antichars, des mines antipersonnel et des pièges.
Résistant sous l’Occupation Allemande pendant la 2eme Guerre Mondiale
Après sa démobilisation de l’armée en août 1940, il fonde avec quelques amis le 8 août 1940, l’une des premières organisations de résistance en France qui deviendra « l’Armée Volontaire » ou « Armée des volontaires » (AV). Très actif dans ce réseau, il organise la collecte, le transport et la distribution d’armes dans les quatre premiers arrondissements de Paris avec le capitaine VILLEMIN ; la fabrication, le transport et la distribution de fausses pièces d’identité ; il participe à la rédaction, l’entreposage et la distribution d’un journal clandestin « Pantagruel » ; il cache des clandestins à son domicile et il fournit des renseignements militaires aux services de Londres. Il agit sous les pseudonymes de MOREL, MARECHAL, MARCHAL, MARTIN ou encore HENRI. En 1942, suite à une dénonciation, plusieurs arrestations, dont celle d’Henri MINEUR, ont lieu dans le réseau AV. Il est toutefois libéré peu de temps après. A la Libération, Henri MINEUR sera accusé d’avoir livré ses amis mais il sera blanchi après jugement. En 1942, l’AV étant dissoute en raison du grand nombre d’arrestations, Henri MINEUR intègre un nouveau réseau, le réseau Stuart (sous réseau d’Ajax-Micromégas). Ce réseau l’envoie en zone interdite à Granville en 1943 afin de faire un plan de la ville et des forces allemandes présentes. Puis il l’envoie aux services de Londres. En 1944, lors du débarquement il prend les armes à Granville, où il réussit à faire quelques prisonniers allemands avant l’arrivée des américains.
Vie privée
Henri MINEUR se marie une première fois le 15 février 1926 avec Suzanne FROMANT. Puis il épouse en secondes noces Gabrielle CLOCHE en 1929, dont il divorce le 14 avril 1953. Ils n’ont pas eu d’enfant.
Gabrielle MINEUR, qui conserva son nom d’épouse après son divorce, est la première secrétaire de direction du Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS). Elle devient ensuite responsable du secrétariat de la Direction (CNRS). Titulaire d’une licence en sciences, elle s’intéresse à l’astronomie et travaille aux côtés d’Henri MINEUR. En 1936, elle est dactylographe au Sous-Secrétariat d’Etat à la Recherche1. Elle continue à travailler au CNRS sous l’Occupation, d’abord en tant que chef de cabinet de Jean PERRIN, puis sous les directions d’Henri LAUGIER et de Charles JACOB (1940-1944). Elle est systématiquement en désaccord avec Charles JACOB, lui reprochant notamment d’appliquer les lois anti-juives prises par le régime de Vichy. En 1944, elle quitte le CNRS pour rejoindre le Brésil où elle sera nommée Attachée Culturelle à l’Ambassade en 1945.
Disparition
Après la Seconde Guerre mondiale, la santé d’Henri MINEUR se dégrade et autour de 1950, il souffre de problèmes cardio-vasculaires et de diabète. Sa mort survient à Paris le 7 mai 1954.
Distinctions honorifiques
- Prix Damoiseau (1944)
- Prix Montyou (1950)
- Croix du combattant volontaire
-Croix de guerre 1940-1945
- Médaille de la Résistance
- Chevalier de la Légion d’honneur (1950)
Par ailleurs, l'Union Astronomique Internationale (IAU) a donné le nom de Mineur à un cratère lunaire en hommage à Henri MINEUR.
Provenance : Archives remises à la Bibliothèque de l’Observatoire de Paris en 1955 par André DANJON.
Modalités d'entrée dans la collection :
Le fonds est essentiellement composé d’archives relatives à la Seconde Guerre mondiale et à la Libération. En lien aux accusations de collaboration dont MINEUR fut accusé pendant puis à l’issue de la guerre, le fonds comprend un dossier relatif à l’enquête de la police de Vichy sur la recherche et l’arrestation de John HOPPER, résistant du réseau « Armée Volontaire » auquel participait Henri MINEUR. Sur la période d’après-guerre, un ensemble de documents portent sur les affiliations d’Henri MINEUR à différentes associations d’anciens combattants et l’attribution de distinctions honorifiques en reconnaissance de son engagement militaire et de ses faits de résistance. Le fonds comprend également quelques dossiers sur sa carrière de militaire de réserve.
Par ailleurs, le lecteur trouvera des archives sur la vie quotidienne d’Henri MINEUR (location de l’appartement 16 avenue Trudaine à Paris, ressources financières, impôt sur le revenu, assurance, santé d'Henri MINEUR, divorce d'Henri MINEUR et de Gabrielle CLOCHE).
Enfin, un faible volume d’archives, présentant toutefois un intérêt majeur pour l’histoire de l’astronomie et de l’astrophysique, porte sur sa carrière scientifique, tant à travers quelques-unes de ses activités de recherche que sur sa participation à des comités et son temps de direction de l’Institut d’Astrophysique de Paris (IAP).
Accroissements : Les possibilités d’accroissement sont faibles.
Caractéristiques matérielles et contraintes techniques : Le fonds est composé d’archives sur support papier.
Conditions d'accès : Conformément au Code du patrimoine et à l'arrêté du 24 décembre 2015 portant ouverture d'archives relatives à la Seconde Guerre mondiale, l’ensemble du fonds est librement communicable.
Documents en relation : Bibliothèque de l’Observatoire de ParisBibliothèque :
- Exposé des titres et travaux d’Henri Mineur, consultable et empruntable à Paris sous la cote 9017.
- Thèse d’Henri MINEUR, Sur la théorie analytique des groupes continus finis (1924), consultable à Paris sous la cote 3312(4).
- AF 14 : Fonds des carnets d’observations. Comprend 1 carnet d’Henri MINEUR (février - septembre 1922).
Des publications d’Henri MINEUR sont consultables à la bibliothèque, le lecteur est invité à consulter le catalogue de la bibliothèque : https://catalogue.obspm.fr/
Archives :
- Ms 1074 : Archives de l'Observatoire de Paris. Comprend des archives d’Henri MINEUR sur ses travaux de recherche scientifiques, et ses contributions aux réunions de l’Union Astronomique Internationale.
Documents en relation : Archives Nationales- 19970478/71-73 : Entretien de Gabrielle MINEUR, femme d'Henri MINEUR, directeur de l'Institut d'astrophysique de Paris (1936-1954), collaboratrice d'Irène JOLIOT-CURIE et de Jean PERRIN au secrétariat d'Etat à la Recherche puis d'Henri LAUGIER et de Charles JACOB au CNRS (1936-1944), avec M. ASLANOFF et Jean-François PICARD de Nice (Alpes Maritimes), 10 juillet 1986.
- 20140644/153-20140644/155 : Institut d'astrophysique (IAP).
- 20140310/42 : Demandes de subventions des particuliers au CNRS, Lettre M, dossiers Ma à Mi.
- 72AJ/35-72AJ/89 : Archives du Comité d’histoire de la Deuxième Guerre mondiale — Résistance intérieure : mouvements, réseaux, partis politiques et syndicats ; 72AJ/36 : Armée des Volontaires (AV).
Documents en relation : Bibliothèque de l’Institut d’Astrophysique de ParisContactée en octobre 2017, la bibliothèque ne possède aucun document privé d'Henri MINEUR dans ses archives. En revanche, elle dispose des archives de la direction d’Henri MINEUR à l’IAP.
Documents en relation : Archives du Service Historique de la DéfenseDes archives relatives aux actions militaires et de résistance d’Henri MINEUR pendant la 2ème Guerre Mondiale peuvent y être conservées : http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/
Enfin, des archives sont par ailleurs susceptibles d’être trouvées dans les fonds d’archives des chercheurs ou dans les fonds d’archives des différents établissements et organismes qu’Henri MINEUR a fréquenté ou avec lesquels il a collaboré.
Autre instrument de recherche : Voir la version pdf du présent répertoire
Bibliographie :
En raison du caractère privé des archives constituant le présent fonds, et afin de ne pas alourdir la bibliographie avec des ouvrages généraux sur l’histoire de l’astronomie, ou encore l’histoire de l’Institut d’Astrophysique de Paris (IAP), nous avons fait le choix de n’indiquer ci-dessous que quelques articles et ouvrages sur la vie et la carrière scientifique d’Henri MINEUR.
Pour obtenir la bibliographie scientifique d’Henri MINEUR, le lecteur est invité à effectuer une recherche sur le site internet d’ADS (Astrophysics Data System).
Revues :
Webographie :
Evaluation et tris : Les doubles extraits pour élimination ont fait l’objet d’un bordereau d’élimination (n° 2018-02).

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