Calames

MSVC 263-300 Correspondance reçue par la marquise Arconati-Visconti, née Marie Peyrat

Date : 1852-1923
Description physique : Papier. 38 volumes (8806 feuillets montés sur onglets). 310 x 240 mm. Demi-chagrin bordeaux.
Biographie ou Histoire :
Fille du journaliste et homme politique Alphonse Peyrat (1812-1890) et d’Emma Risch (1816-1868) , Marie Louise Jeanne Peyrat nait le 26 décembre 1840 à Paris.
Elevée dans une famille républicaine anticléricale de libres penseurs, bercée par les idées politiques de son père voltairien, robespierriste et actif opposant au Second Empire, elle développe un intérêt pour le siècle des Lumières et la période révolutionnaire, qu’elle conserve tout au long de son existence. Le milieu politique la passionne, son goût pour l’histoire la pousse à assister aux cours de l’Ecole des Chartes en auditrice libre. Elle fréquente également la Sorbonne et l’Ecole du Louvre. Son père est lié aux combattants du mouvement du Risorgimento, dont Giuseppe Arconati-Visconti (1797-1873), sénateur, père de Gianmartino Arconati-Visconti (1839-1876). Gianmartino est un géographe intéressé par la chose sociale et reconnu au sein des sociétés de géographie dont deux expéditions ont donné lieu à des publications. Ce n’est qu’après la mort de Giuseppe Arconati-Visconti qu’ils se marient, alors que Marie-Louise a 32 ans.
Le couple se rend en Italie, où Gianmartino est aide de camp du roi Victor-Emmanuel II. Il y décède deux ans et trois mois plus tard, à Florence, le 23 février 1876, laissant la marquise Arconati-Visconti, à la tête d’une fortune colossale comprenant des domaines en Lombardie, en Belgique (le château de Gaasbeek, près de Bruxelles), au lac de Côme (la Villa Balbianello) et divers palais et demeures à Rome et aux alentours de Florence.
Dans les années 1880, elle fait l’acquisition à Paris d’un hôtel particulier rue Barbet-de-Jouy, où elle accueille les jeudis à son domicile un salon, où se rencontrent des personnalités emblématiques de la société de la IIIe République : Léon Blum, Georges Clemenceau, Émile Combes, Léon Gambetta, Jean Jaurès, Raymond Poincaré et Alfred Dreyfus. Fervente dreyfusarde, elle n’hésite pas à écarter de ses fréquentations ceux qui ne partageraient pas cette opinion.
Collectionneuse, Marie acquiert des ouvrages, des œuvres et objets d'art médiéval, d'art oriental et également des œuvres de la période révolutionnaire. La marquise fait régulièrement don de ses collections au Louvre.
En 1903, elle rachète la bibliothèque du philologue Gaston Paris afin de la léguer à l'État, pour qu'elle soit par la suite confiée à l'École pratique des Hautes Etudes : il s’agit là de sa première grande donation, qui lui vaut une grande renommée et lui ouvre les portes du Collège de France puis de la Sorbonne. Elle cède également de nombreux livres à Bibliothèque des Archives nationales, à la Bibliothèque du Protestantisme puis quelques-uns à la Bibliothèque municipale de Lyon.
Sa philanthropie la pousse à faire profiter de ses largesses à l’enseignement supérieur. Elle finance l’Institut de Géographie dont la construction commence en 1914 et se termine en 1926 et donne deux millions de francs pour la construction de l’Institut d’Art et d’Archéologie en 1920. Elle crée une chaire temporaire (5 ans) pour Gabriel Monod au Collège de France et la Chaire « Alphonse Peyrat », d’histoire de la littérature du XVIIIe siècle, dans les années 1920. Elle fonde en outre le prix Auguste Molinier à l’Ecole des Chartes, qui récompense chaque année la meilleure thèse d’Ecole, et d’autres prix décernés annuellement à des thèses de doctorat soutenues dans les Universités de Paris. A Strasbourg, elle est à l’origine, entre autre, de la fondation de la Villa Arconati-Visconti, destinée à héberger des étudiants.
Entre 1914 et 1915 elle réside avec Raoul Duseigneur, qui tombe malade et rejoint la Maison de la Santé des sœurs Augustines, où il meurt. La marquise abattue demeure chez les Augustines de 1916 à 1918 puis achète un petit appartement rue Elisée-Reclus. Pendant et après la Grande Guerre, elle donne à diverses associations d’anciens combattants. Après la guerre elle vend de nombreuses demeures pour financer des legs qu’elle a prévus et ne pas embarrasser l’Université de Paris de ses propriétés. En 1919 elle vend Balbianello, puis son hôtel particulier, dont le salon fut si emblématique de la société de la IIIe République, l’année suivante. Elle donne le château de Gaasbeek à l'État belge en 1920.
La marquise meurt le 3 mai 1923 à Paris à l’âge de 82 ans après une longue période de maladie. Elle fait de l’Université de Paris son légataire universel. Une plaque commémorative de l’Université de Paris surmonte sa sépulture , en remerciement de la générosité dont elle fit preuve à son encontre.
Provenance :
Conformément à la demande de la marquise, le fonds de correspondance intègre la collection de la bibliothèque de la Sorbonne, accompagné de ses quatre derniers agendas (1912-1923). Déposé en 1935 à l’Université de Paris par la veuve de Gustave Lanson, exécuteur testamentaire de la marquise Arconati-Visconti, le fonds est placé dans la Bibliothèque Victor Cousin selon l’accusé de réception du recteur.
Sept ans plus tard, en 1941, la correspondance est intégralement montée sur onglet et reliée.
Documents en relation : « La correspondance de la marquise Arconati-Visconti » : exposition virtuelle : https://nubis.univ-paris1.fr/exhibits/show/marquise-arconati-visconti
Destinataire : Arconati-Visconti, Marie-Louise (1840-1923)

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